Bon, on ne va pas vous refaire le "name dropping", vous les avez tous : la liste des ministres composant le nouveau gouvernement est maintenant publique. Voici plutôt ce que Mashable FR en retient.

Voilà. Le premier gouvernement du quinquennat Macron a été dévoilé, mercredi 17 mai. Parmi les 18 ministres et quatre secrétaires d'État nommés par Édouard Philippe, on retrouve des fidèles du nouveau président, tels que le maire de Lyon, Gérard Collomb, au ministère de l'Intérieur, François Bayrou à la Justice ou encore Richard Ferrand au ministère de la Cohésion des territoires.

Voici les faits qui nous ont le plus marqués.

1. Le "ministère plein et entier des Droits des femmes" ? Promesse non tenue

En plein entre-deux-tours de la présidentielle, le 28 avril, Emmanuel Macron avait fait deux promesses : nommer une femme Premier ministre (ce qu'il n'a pas fait, en invitant Édouard Philippe à Matignon) et créer "un ministère plein et entier des Droits des femmes" afin que l'égalité femmes-hommes soit une "grande cause nationale".

Finalement, il faudra seulement compter sur un secrétariat d'État à l'Égalité entre les femmes et les hommes, rattaché au Premier ministre. Il sera occupé par Marlène Schiappa, adjointe au maire (PS) du Mans, écrivain et créatrice de l'association Maman travaille, relative à l'égalité parentale. Rien à voir avec une Laurence Rossignol, militante féministe de la première heure : Marlène Schiappa est plutôt issue de réseaux professionnels féminins moins militants. Un secrétariat d'État plutôt qu'un ministère, c'est bien loin de l'annonce escomptée, comme s'en désole la militante féministe Caroline De Haas

2. Exit le mot finance

Ses détracteurs ne s'étaient pas privés de l'appeler "le candidat de la finance". Emmanuel Macron semble avoir pris soin d'évacuer le mot du vocabulaire du gouvernement. Aussi trouvera-t-on un ministre de l'Économie, avec Bruno Le Maire, ainsi qu'un ministre de l'Action et des comptes publics, avec Gérald Darmanin.

3. En parlant de Gérald Darmanin...

Sur Twitter, certains ont fait remarquer, non sans sarcasme, que l'ancien directeur de campagne Nicolas Sarkozy qui s'était opposé au mariage pour tous... a été nommé ministre lors de la journée mondiale contre l'homophobie, qui a lieu chaque 17 mai.

Il faut dire qu'en 2013, Gérald Darmanin promettait qu'en tant que maire de Tourcoing, il refuserait de célébrer des mariages entre personnes de même sexe.

À noter qu'il n'est pas le seul anti-mariage pour tous à rejoindre le gouvernement : il y a aussi Gérad Collomb, qui avait déclaré en 2012 sur Europe 1 qu'il s'était "longtemps interrogé sur le mariage homosexuel" et n'avait pas pris position en faveur du mariage pour les couples de même sexe.

4. Nicolas Hulot a-t-il dealé l'abandon de Notre-Dame-des-Landes ?

Très courtisé depuis longtemps, Nicolas Hulot aura finalement été "attrapé" par Emmanuel Macron. Le nouveau président de la République peut compter sur l'écologiste plutôt apprécié des Français, au poste de ministre de la Transition énergétique. Faut-il le rappeler, Nicolas Hulot est un opposant au transfert de l'aéroport nantais à Notre-Dame-des-Landes. Avant d'accepter son entrée au gouvernement, a-t-il dealé l'abandon de NDDL ? 

"Vieux de plus de 40 ans, ce projet est vicié, gangrené. Il porte en lui les racines de la discorde. Jamais il ne se fera dans les conditions actuelles", disait-il déjà du projet, en novembre 2015. "L’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, c’était un cas d’école de ce à quoi il faudra renoncer dans les années à venir", avait-il ajouté. À l'issu de la consultation de juin 2016 et la victoire du "oui" au transfert, l'ancien journaliste-reporter s’était dit "profondément attristé" par ce résultat. Il estimait qu'il aurait fallu initier "un référendum en bonne et due forme" et non "une consultation en dépit du bon sens". Le tout en reconnaissant sa défaite : "Je m’incline" devant ce "vote démocratique". "On ne peut pas demander d’aller voter et si le résultat ne nous plaît pas, ne pas en tenir compte."

5. Laura Flessel est la première ministre à avoir participé à "Danse avec les stars"

Après David Douillet le ministre qui a joué dans une pub de brownie Papy Brossard, voici l'ex-escrimeuse de très haut niveau, que l'on a pu retrouver dans l'émission "Danse avec les stars", qui se retrouve au poste de ministre des Sports.

Et on vous laisse avec un paso doble avec Laura Flessel et Grégoire Lyonnet !

6. L'ère des professionnels

Si l'on met de côté ceux qui ont déjà été élus (Édouard Philippe, Gérard Collomb, Sylvie Goulard, Richard Ferrand, Jacques Mézard, Gérald Darmanin, Marielle de Sarnez, Christophe Castaner et Marlène Schiappa) et ceux qui ont déjà été ministres (François Bayrou, Jean-Yves Le Drian, Bruno Le Maire, Annick Girardin), un nombre inédit de ministres sont des néophytes : Nicolas Hulot, Agnès Buzyn (la patronne de la maison d'édition Actes Sud), Françoise Nyssen, Muriel Pénicaud, Jean-Michel Blanquer, Frédérique Vidal, Laura Flessel, Elisabeth Borne ou encore Sophie Cluzel.

7. La parité (presque) mais seulement une femme à un ministère régalien

Avec 11 ministres hommes et 11 femmes, le gouvernement est paritaire. Sauf qu'il faut ajouer le Premier ministre Édouard Philippe, ce qui donne précisément 12 hommes et 11 femmes. Sachant qu'à part Sylvie Goulard qui hérite d’un ministère régalien (ministre des Armées), les autres femmes, elles, occupent toutes des postes qui ne sont pas en tête de l’ordre protocolaire, à l'instar de l’égalité femmes-hommes, du handicap ou encore de la culture.

8. Le gouvernement s'annonce très européen

D'abord parce que le ministère est celui de l'Europe et Affaires étrangères (oui, dans cet ordre-là). Ensuite, parce qu'Emmanuel Macron multiplie les signaux forts envoyés à l'Union européenne : en nommant Premier ministre quelqu'un comme Édouard Philippe, qui a fait son lycée en Allemagne avant de s'engager chez les jeunes rocardiens à Sciences Po et de rejoindre l'équipe d'Alain Juppé, ou encore en choisissant comme conseiller diplomatique Philippe Étienne, ambassadeur de France en Allemagne, passé par Bruxelles.

9. Quelques trentenaires dans l'équipe

Chose rare pour être notée : on compte trois trentenaires au sein des ministres. Mounir Mahjoubi (secrétaire d’État chargé du numérique) a 33 ans pendant que Marlène Schiappa (égalité entre femmes et hommes) et Gérald Darmanin (action et comptes publics) ont 34 ans. Gérard Collomb (intérieur) et Jean-Yves Le Drian (Europe et affaires étrangères) et Jacques Mézard (Agriculture) sont les plus âgés, avec leurs 69 ans bien tassés.

10. Moins d'énarques

Dans son communiqué, le PS parle d'une "forêt d'énarques". Mais ils ne sont que deux (Bruno Le Maire et Sylvie Goulard), ou trois, si l'on compte également le Premier ministre, fait remarquer le journaliste politique Marc Préel. Sans doute faut-il voir là un signe de renouvellement. Notons également que deux ministres n’ont aucune formation universitaire : Nicolas Hulot et Marielle de Sarnez. De son côté, le magazine Livres Hebdo fait remarquer que neuf auteurs se situent dans le nouveau gouvernement :

Une remarque qui n'est pas sans faire penser au goût qu'a toujours affiché Emmanuel Macron pour la chose écrite.

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