SpaceX, la société d’astronautique fondée par Elon Musk, a réussi un nouveau lancement de sa fusée réutilisable Falcon 9. Mais cette fois, celle-ci ne redescendra pas sur Terre : elle a été sacrifiée pour le futur d’un meilleur Internet.

SpaceX a envoyé une nouvelle fusée Falcon 9 en orbite, lundi 15 mai. Elle transportait un satellite de communication Inmarsat-5 F4, fabriqué par la société Inmarsat, possession de Boeing, envoyé dans l’espace pour fournir un réseau mobile haut débit aux habitants de la planète bleue.

VOIR AUSSI : SpaceX teste les énormes moteurs de sa fusée Falcon Heavy, et jusqu'ici tout va bien

Contrairement aux précédents décollages de la fusée Falcon 9, celle-ci n’a pas vocation à réussir un retour sur la terre ferme. Mais pourquoi, après s’être donné tant de mal pour réussir à faire atterir ses fusées, SpaceX abandonne-t-il ainsi une Falcon 9 dont le coût de lancement atteint 62 millions de dollars ?

Simplement parce que le contenu du Inmarsat était vraiment, vraiment lourd, comme le souligne Wired. Plusieurs panneaux solaires et de nombreux matériels informatiques étaient attachés sur ce satellite de communication qui pesait, au total, plus de 6 tonnes. Quelque 35 minutes après le décollage, le satellite s’est détaché de la fusée Falcon 9. Dès lors, il a été contrôlé à distance par les équipes de Boeing et Inmarsat pour venir se positionner à proximité de quatre de ses pairs.

Ces quatre satellites sont installés en orbite géostationnaire c'est-à-dire qu'ils tournent autour de la Terre en restant en permanence au-dessus du même point de l'équateur – et participent à la diffusion d'Internet sur la Terre. Ensemble, ils forment le "Global Xpress" de Inmarsat, le "premier service mondial de connexion mobile à haut débit", selon un communiqué de SpaceX.

SpaceX

Un réseau Internet de Mars à la planète Terre

Quid du futur de la fusée Falcon 9, qui transportait le satellite ? Pour pouvoir lâcher sa cargaison, la fusée est montée à près de 35 000 km de hauteur. Ce qui signifie – entre le décollage et le largage – la consommation d'une énorme quantité de carburant. Et malgré la carrure impressionnante de la fusée, ses capacités de stockage sont limitées. Une manoeuvere de descente contrôlée était donc impossible et SpaceX a dû se résoudre à abandonner sa Falcon 9 pour le futur d'Internet.

Ce n'est évidemment pas une manœuvre philanthropique de la part d'Elon Musk, le fondateur de SpaceX aux dents longues et aux multiples projets fous. En janvier 2015, l'entrepreneur dévoilait ses plans pour construire un "Internet de l'espace" pour pouvoir, dans le futur, connecter les potentiels habitants de Mars à ceux de la Terre. "Notre projet est de créer un système de communication global qui serait plus important que ce qui n'a jamais été évoqué", affirmait-il à Bloomberg Businessweek. Il souhaite ainsi mettre en place un réseau de satellites de communication à 1 200 km de la Terre – c'est-à-dire bien moins lointain que les 35 000 km qui sont la norme actuelle – qui augmenterait de manière drastique la rapidité des connexions sur Terre.

La transaction entre SpaceX et Inmarsat remonte à 2014. On peut supposer qu'Elon Musk entend se rapprocher de sociétés spécialisées dans les satellites de communication pour développer lui-même les capacités de son entreprise. D'autant plus qu'à l'époque, SpaceX pensait envoyer les satellites avec le Falcon Heavy, un engin capable d'aller beaucoup plus haut en transportant beaucoup plus de choses que le Falcon 9. Sauf que le "Heavy" est encore en développement et qu'Elon Musk a du se rabattre sur ce qu'il avait sous la main. Peu importe : SpaceX continue à faire ce qu'il fait de mieux, c'est-à-dire envoyer un paquet de trucs dans l'espace.

Quelque chose à ajouter ? Dites-le en commentaire.