Depuis l'élection d'Emmanuel Macron, une vague de soulagement teintée de jalousie semble s'être échouée sur le Web américain. Visiblement, certains échangeraient bien Donald Trump pour notre jeune chef d'État.

Ça y est, c’est fait : Emmanuel Macron a été élu président de la République française. Depuis dimanche soir, son élection est évidemment au cœur de l’actualité nationale, mais aussi internationale. Les dirigeants du monde entier ont salué cette victoire qui fut, il faut le dire, inattendue. Car même si l’ancien ministre de l’Économie était donné gagnant dans les sondages depuis plusieurs semaines et le premier tour de l’élection, il était encore peu connu des Français il y a encore trois ans.

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Un succès fulgurant, un véritable hold-up du candidat centriste, libéral et progressiste, qui détonne avec les résultats électoraux de l’année 2016. Qu’il s’agisse de la victoire du Brexit ou de l’élection de Donald Trump, le monde entier craignait une dynamique similaire en France.

Du coup, sur les réseaux sociaux, certains Américains visiblement pas très amateurs de Trump semblent un peu jaloux. Ou soulagés que la France n’ait "pas autant merdé que nous", comme le note un utilisateur de Reddit dans la partie du forum dédiée à la France, où les messages de remerciements envers les citoyens français se multiplient.

Sur Twitter, un message de Betty Bowers – un personnage fictif sur YouTube et les réseaux sociaux écrit par Andrew Bredley et interprété par l’actrice Deven Green – est très partagé. Le compte satirique souligne que, pour la première fois dans l’histoire, un président français parlera mieux anglais que le président des États-Unis, dont l'élocution laisse souvent à désirer. Désolé Donald.

Forcément, sur le réseau social au petit oiseau bleu, nombreux sont les anonymes anglais ou américains, opposés à Donald Trump et à la sortie de l'Union européenne, à se féliciter de la défaite de Marine Le Pen, que le président américain avait saluée comme étant "la plus ferme sur les frontières et la plus ferme sur les événements récents en France".

"Plus de blague sur l'armée française, s'il vous plaît. Dans ce millénaire, ils font maintenant de meilleurs scores contre les nazis que les États-Unis." Sans commentaire.

"Après les élections hollandaises et françaises, une année 2017 bien meilleure débute. Le résultat des valeurs de l'unité, de la tolérance et du progrès."

"Je suis contente des résultats de l'élection française. C'est fou qu'un groupe de personnes qui aime manger des escargots prenne de meilleures décisions que nous."

"Mes félicitations à la France pour leur victoire contre le fascisme. Les Français n'ont pas fait la même erreur que nous aux États-Unis."

Depuis l'élection d'Emmanuel Macron, une vidéo que le président élu avait posté sur les réseaux sociaux le 10 février dernier refait surface sur le Web américain. On y voit Emmanuel Macron s'adresser en anglais aux chercheurs, scientifiques et entrepreneurs américains pour les inviter en France à travailler sur le changement climatique. "Ici, vous êtes les bienvenus. Je sais que votre nouveau président a décidé de compromettre votre budget, vos initiatives, parce qu'il est sceptique sur le changement climatique (...). S'il vous plaît, venez en France, vous êtes les bienvenus. C'est votre nation, nous aimons l'innovation", affirme-t-il.

Les médias américains se félicitent aussi de la victoire du candidat Macron. L'immense majorité d'entre eux avaient fait savoir leur opposition à Donald Trump lors de l'élection présidentielle américaine de 2016 et beaucoup avaient également appelé les Français à voter contre Marine Le Pen lors du scrutin du 6 mai. Dans un billet intitulé "L'élection française le prouve : l'Amérique est désormais un exemple de ce qu'il ne faut pas faire", le Los Angeles Times note ainsi que "les Français ont été plus malins que nous l'avons été : ils n'ont pas laissé Vladimir Poutine déposer un bulletin dans l'urne", en référence aux amabilités du président russe à l'égard de Donald Trump et de Marine Le Pen.

Finalement, dans l'ensemble de ces commentaires, ce n'est pas tant la victoire d'Emmanuel Macron qui ravit outre-Atlantique, mais la défaite de Marine Le Pen et de la "vague du trumpisme" dans le monde, note The Nation. "Ce qui est important de reconnaître pour les Américains, dans les élections françaises, c'est ceci : un pays important, lors d'un vote décisif, a rejeté la perspective d'un président qui aurait pu être l'allié de Trump", affirme l'hebdomadaire.

Quand les États-Unis n’ont pas réussi à résister aux sirènes du populisme en élisant Donald Trump, la France a tenu bon. Andy Borowitz, dans sa chronique hebdomadaire satirique publiée dans le New Yorker, exprime avec humour le sentiment de certains citoyens nord-américains : "C’est embêtant, mais dimanche, les Français ont conservé leur droit de se prétendre intellectuellement supérieurs aux Américains (...) Dans les bars et les cafés à travers la France, les électeurs ont eu un air de soulagement en se comparant à nous  un des passe-temps favoris des Français  et en comprenant qu'ils pourraient continuer à être arrogants dans un futur proche." Pas faux.

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