En Colombie, une adolescente de 14 ans peut passer sur le billard pour une augmentation mammaire. Il suffit que papa ou maman soit d’accord.

Le 26 juillet 2016, le président colombien Juan Manuel Santos avait pourtant approuvé la loi 1799, proposée par son ministre de la Santé, qui interdisait toute opération de chirurgie esthétique sur les mineurs. Mais la Cour constitutionnelle du pays vient de retoquer cette loi.

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Pour les pro chirurgie esthétique, cette loi portait atteinte au libre développement de la personnalité des jeunes, à leur droit à l’image et à l’intimité. Et ils ont réussi à faire pencher la Cour constitutionnelle en leur faveur. Les adolescents de 14 à 17 ans peuvent donc bien subir une opération de chirurgie, à condition qu’ils aient un simple accord de l’autorité parentale.

"Si un adolescent veut avoir recours à un changement d’ordre esthétique, c’est parce que qu’il ne se sent pas heureux avec cette partie de son corps qui est dans certains cas la cible de moqueries, affectant de façon démesurée son droit à l’honneur", soutenait l’un des plaignants, rapporte le média colombien El Tiempo.

Et en France ?

En France, il n’y a pas non plus d’âge minimum légal, mais toute opération de chirurgie (esthétique ou non) sur un mineur nécessite l’autorisation parentale. La décision est ensuite entre les mains du chirurgien, qui ne doit opérer que lorsque l’organe a "atteint sa maturité, c’est-à-dire que les modifications physiques sont terminées" et ce "quelle que soit l’opération envisagée : lipoaspiration, rhinoplastie, chirurgie des seins…", explique sur son site le docteur Picovski, chirurgien esthétique et plastique installé à Paris.

L’otoplastie, pour rectifier des oreilles décollées, fait figure d’exception et peut être pratiquée sur les enfants dès l’âge de sept ans en France si cela représente un vrai problème d’intégration à l’école. Dans le même sens, de rares patients peuvent être opérés avant 18 ans dans le cas où la chirurgie esthétique permettrait de remédier à une "détresse psychologique".

Une paire de seins comme cadeau d'anniversaire

Oui mais voilà, en Colombie où le culte de l’image est roi, on ne se pose pas autant de questions. "Le narcotrafic a entraîné une très grande fréquence des opérations de chirurgie esthétique, produisant ce modèle de femme véhiculé par le monde de la pornographie ou de la caricature, avec des formes protubérantes", explique Juan Carlos Escobar Villegas, sociologue à l'université de Medellin à l’AFP.

"La pression sociale est telle que ce sont parfois les mères elles-mêmes qui poussent leur fille à se faire faire une plus grosse poitrine", déplorait le un chirurgien colombien au magazine Marie-Claire. Il n’est pas rare que des jeunes filles reçoivent en guise de cadeau d’anniversaire une opération d’augmentation mammaire ou de rhinoplastie. Après tout celles-ci ont grandi en regardant la télénovela "Sin tetas, no hay paraiso" ("Sans nichons, il n'y a pas de paradis"), l’histoire d’une adolescente qui se prostitue pour payer ses implants mammaires.

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