Le fondateur de l'encyclopédie communautaire se lance à son tour dans le combat contre les fausses informations en ouvrant Wikitribune, une plateforme dédiée à l'actualité neutre et vérifiée par des journalistes embauchés à temps plein.

Les initiatives pour lutter contre les fake news continuent de se multiplier. Cette fois, c’est au tour de Jimmy Wales, cofondateur de Wikipédia, de lancer un site tout spécialement consacré à la vérification des informations circulant sur le Web. "L’information est malade, mais nous avons trouvé un remède", explique-t-il dans la vidéo de présentation du site, visible en page d’accueil. Rien que ça.

VOIR AUSSI : Wikipédia bannit le Daily Mail des sources "utilisables" dans ses articles en anglais

Si la promesse peut paraître quelque peu condescendante, à l’heure où de nombreux médias ont déjà mis en place des outils dédiés au fact-checking en ligne, on ne peut nier qu’elle est extrêmement séduisante : Wikitribune, comme se nomme cette nouvelle plateforme, se veut être un genre de "Wikipédia de l’actualité" (sans toutefois qu'il n'y ait toutefois de lien entre les deux sites), gratuit et surtout, vierge de toute publicité. "La course au clic fait rage aujourd’hui, et les sources d’information de basse qualité sont maintenant omniprésentes sur le Web", déplore-t-il dans le spot.

Wikitribune sera alimenté par des contributeurs bénévoles, comme c’est le cas pour l’encyclopédie libre, mais sera encadré par des journalistes professionnels salariés, qui seront au nombre de 10 à l’ouverture du site, prévue dans 29 jours. Pour le moment, aucun journaliste ne semble encore avoir été embauché, comme on peut le lire sur la plateforme. Le site ne sera pour l'instant disponible que dans sa version anglophone, et les thématiques traitées seront, à terme, aussi vastes que la politique, les sciences ou encore les nouvelles technologies.

https-2f2fblueprint-api-production.s3.amazonaws.com2fuploads2fcard2fimage2f4568392f4f19bfc3-00c4-48be-91d5-41a8ee321867.jpg
Wikitribune

En toute logique, Wikitribune s'appuiera sur la participation financière des lecteurs, là encore à l’instar de Wikipédia (nous avons tenté d’accéder à la plateforme de crowdfunding dédiée, accessible via le bouton "Become a supporter", mais celle-ci ne semble pas fonctionner à l’heure où nous écrivons ces lignes). Les lecteurs qui auront souscrit à un abonnement mensuel (à partir de 10 euros) auront le privilège de soumettre des sujets qu’ils aimeraient voir traités sur le site, mais Jimmy Wales a certifié au site The Verge que ce fonctionnement n’aura "aucun impact sur la neutralité du site".

En revanche, tout lecteur, abonné ou non, aura directement accès à la source brute de l’information – documents, interviews dans leur intégralité ou encore du contenu audio – afin de recontextualiser au maximum les faits. "Nous voulons transposer l’esprit de Wikipedia, fondé sur le fact-checking, à l’actualité", a expliqué le co-fondateur de l’encyclopédie.

Difficile de dire aujourd’hui si une telle plateforme, menée par une petite dizaine de professionnels qui devront apprendre à travailler au quoditien avec un grand nombre de citoyens, saura à elle seule "redonner la santé à l’information en ligne". Mais Jimmy Wales, l'un des pères du savoir collaboratif et non-partisan en ligne, a une place légitime dans cette lutte contre les fakes news.

Quelque chose à ajouter ? Dites-le en commentaire.