Le candidat du Parti socialiste a récolté environ 6 % des voix au premier tour de la présidentielle. Un échec "historique" pour celui qui avait créé la surprise à la primaire, et qui entend faire de cette défaite une "renaissance" de la gauche.

"J’ai échoué à déjouer le désastre qui s’annonçait." Il y a trois mois encore, rien ne laissait imaginer que Benoît Hamon, candidat socialiste à la présidentielle, tiendrait un tel discours. Sorti grand vainqueur de la primaire de la gauche face à Manuel Valls, il avait alors déjoué les pronostics. En placant les frondeurs du gouvernement Hollande en course pour la présidence, il avait contribué au rebattage des cartes politiques pour ce scrutin.

VOIR AUSSI : Le hold-up d’Emmanuel Macron, le banquier qui a réussi à incarner le "dégagisme"

Puis, au fil de la campagne, sa cote de popularité s’est progressivement érodée en faveur de Jean-Luc Mélenchon et, au soir du 23 avril, ses espoirs, et ceux de ses soutiens, sont douchés. Il a obtenu entre 6 et 6,8 % des voix, loin, très loin derrière les candidats en tête, dont les vainqueurs du premier tour, Emmanuel Macron et Marine Le Pen. "Je mesure la sanction historique, légitime, que vous avez exprimée envers le Parti socialiste. L’élimination de la gauche par l’extrême droite pour la seconde fois en 15 ans n’est pas seulement une lourde défaite électorale. Elle signe, pour notre pays aussi, une défaite morale, en particulier pour la gauche", a-t-il déclaré devant ses partisans réunis à la salle de la Mutualité.

L'un des pires scores du PS

Historique, l’événement l’est certainement, même si la défaite était attendue, les sondages ayant rapidement placé Benoît Hamon à la cinquième place du scrutin. En 2002, le Front national avait déjà battu le Parti socialiste, alors représenté par Lionel Jospin, au premier tour. Mais l’ancien Premier ministre avait alors obtenu 16,18 % des voix, contre 16,86 % pour Jean-Marie Le Pen. Benoît Hamon est lui à peine au-dessus du pire score obtenu par un candidat socialiste, Gaston Defferre, qui avait récolté 5 % des voix à la présidentielle de 1969.

Pourtant, si Lionel Jospin avait annoncé le soir de sa défaite son retrait de la vie politique, Benoît Hamon compte rester en selle. "La gauche n’est pas morte. (…) Je ne déserterai jamais, parce que c’est le combat de ma vie", lance celui qui a commencé sa carrière politique au PS, en 1991. Tout en appelant à voter Emmanuel Macron qui, s’il "n’appartient pas à la gauche et n’a pas vocation à la représenter demain", est préférable à "une ennemie de la République".

C’est aux législatives de la mi-juin qu’il donne rendez-vous, alors qu’elles s’annoncent tout aussi incertaines que le scrutin en cours. En effet, c'est la première fois sous la Ve République que la droite est absente du second tour de la présidentielle, et la première fois qu'aucun des deux grands partis qui ont dominé la vie électorale depuis 50 ans, Les Républicains et le PS, n'y est présent.

Plusieurs députés PS ont déjà ralliés En Marche !, le parti d’Emmanuel Macron, et ils risquent d’être encore plus nombreux après ce premier tour. La "renaissance" de la gauche du XXIème siècle, que Benoît Hamon appelle de ses voeux, n’est pas pour tout de suite. La gauche traditionnelle a appelé à voter au second tour pour l’ancien ministre de l’Économie et ancien banquier, qui semble pour l’instant se positionner comme son successeur.

– Article initialement publié sur France 24.

Quelque chose à ajouter ? Dites-le en commentaire.