C’est une première mondiale : des milliers de scientifiques marcheront ensemble, partout dans le monde, samedi 22 avril, pour défendre la science.

"La science n’a pas de frontières", disait Pasteur. Et, effectivement, elle n’en aura plus aucune samedi 22 avril, jour où des milliers de scientifiques défileront ensemble dans plus de 500 villes partout dans le monde pour défendre le futur de la science. "Nous nous rassemblons ensemble pour envoyer un message : nous travaillerons à assurer que la communauté scientifique rende nos démocraties meilleures", assure le site de March for science.

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À l’origine du mouvement : la communauté scientifique américaine, qui s’est rapidement insurgée contre le climatoscepticisme de Donald Trump et ses projets de coupes budgétaires dans la recherche scientifique et l’enseignement supérieur aux États-Unis. Alors, une manifestation contre les coupes budgétaires de Donald Trump ? Mais alors pourquoi s’indigner à Sidney, à Bruxelles, à Tokyo, à Paris ?

Tirer la sonette d'alarme en pleine présidentielle

"Il y a un sentiment de solidarité vis-à-vis de nos collègues américains. On s’est sentis visés par les annonces de Trump", explique Olivier Berné, astrophysicien au CNRS à Toulouse et un des initiateurs de la marche en France, à Mashable FR. Une vingtaine de manifestations auront lieu demain un peu partout dans le pays.

Manifester pour apporter son soutien, mais aussi pour protester contre des coupes budgétaires qui toucheraient l’ensemble de la communauté scientifique. Olivier Berné travaille régulièrement avec la NASA, il assure que les décisions de Donald Trump impacteraient directement son travail. "Si Trump dit qu’il veut envoyer des hommes sur Mars plutôt que de se focaliser sur les sciences dures, il y aura des répercussions sur notre travail."

Défiler le 22 avril, un jour avant le premier tour de l'élection présidentielle, le symbole aurait pu être fort. Sauf que les organisateurs assurent qu’il s’agit là d’une pure coïncidence : le 22 avril, c’est la journée de la Terre, et la date qu’ont choisi les Américains pour "marcher". "Ça aurait été difficile de changer et nous voulions défiler le même jour que le reste du monde". Une coïncidence d’agenda, et pourtant le message d’Olivier Berné et du reste de la communauté scientifique française est hautement politique.

"L’attitude de Trump, on la voit comme un signal d’alarme. Les sciences sont fragiles et il faut les protéger. En France aussi la science est menacée", explique l’astrophysicien. "Ces sujets ont été oubliés de la campagne présidentielle." 

À l’heure des "faits alternatifs" et des idéologies, "il est plus que jamais nécessaire de défendre la science comme un pilier de nos démocraties", affirme Oliver Berné. Il défilera demain à Toulouse, d’autres marches sont prévues à Paris, Montpellier, Nantes ou encore Saint-Denis à la Réunion, et partout ailleurs dans le monde.

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