Les autorités chinoises doivent fermer ce vendredi une vingtaine d'usines dédiées à l'ivoire. Une première étape concrète pour le pays qui souhaite, d'ici à la fin 2017, interdire totalement le commerce des défenses d'animaux.

Les éléphants peuvent se réjouir : la Chine se montre offensive dans la lutte contre le trafic d'ivoire. Vendredi 31 mars, le gouvernement devait fermer plus d'une vingtaine d'usines qui travaillent les défenses d'éléphants. D'autres fermetures sont prévues. Elles doivent concerner tous les points de vente d'objets fabriqués à partir d'ivoire.

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En dépit de ses conséquences désastreuses sur les éléphants, le marché d'ivoire chinois, le plus grand du monde, a longtemps prospéré, la vente et la transformation de la matière blanche étant légales. C'est en décembre 2016 que le gouvernement a annoncé vouloir interdire tout commerce d'ivoire d'ici à la fin de l'année 2017. Objectif : mieux protéger les éléphants, éviter leur extinction et combattre les trafics.

En plus de quarante ans, le nombre d'éléphants sur le continent africain a dramatiquement chuté. Estimés à 1,3 million dans les années 1970, ils sont un peu moins de 500 000 aujourd'hui. Une lente disparition causée par le braconnage et la réduction des zones de peuplement, conséquence de l'activité humaine.

Mais que l'on se rassure, tout n'est peut-être pas perdu pour le mammifère. "C'est une période critique pour les éléphants. Avec l'arrêt du commerce d'ivoire légal en Chine, leurs chances de survie se sont nettement améliorées", a expliqué dans un communiqué de presse Iain Douglas-Hamilton, président de l'ONG Save the Elephants.

De 2 100 à 370 dollars le kilo entre 2014 et 2017

"Il y a encore beaucoup de travail à faire pour en finir avec les tueries de masse d'éléphants chassés pour leur ivoire, mais il y a aujourd'hui un réel espoir pour cette espèce", affirme-t-il.

Des prix cassés pour vider les stocks

Selon une étude mené par Save The Elephant, publiée mercredi 29 mars, le prix de l'ivoire vendu illégalement dans le pays a baissé de deux tiers en trois ans, passant ainsi de 2 100 dollars le kilos en 2014 à 370 dollars en février dernier.

Lucy Vine, chercheure au sein de l'ONG, rapport que les chiffres récoltés entre 2015 et 2016 montrent que les activités commerciales autour de l'ivoire "ont beaucoup diminué", en partie grâce aux engagements des autorités.

Les 130 magasins chinois autorisés à vendre de l'ivoire ont considérablement réduit leurs stocks d'objets fabriqués à partir de la matière, et font baisser les prix pour écouler leur marchandise, explique Lucy Vine. D'autres vendeurs ont remplacé l'ivoire d'éléphant par de l'ivoire de mammouth déterré dans la Tundra.

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Des objets fabriqués à partir d'ivoire.
DOUG PENSINGER/GETTY IMAGES

Les éléphants bientôt en paix ?

Mais en dehors des mesures gouvernementales, le ralentissement de la croissance économique joue également : de moins en moins de Chinois ont les moyens de s'offrir des produits de luxe, comme l'ivoire. La lutte contre la corruption au sein du gouvernement a également découragé les acteurs du secteur à soudoyer les autorités.

Pour autant, les Chinois n'ont pas totalement renoncé à leur appétit pour l'ivoire. D'autres études menées notamment à Hong Kong ont récemment révélé que plus des trois quarts des acheteurs d'ivoire étaient des touristes venus de Chine continentale. Désormais, pour l'ONG Save the Elephants, il revient aux autorités de combattre le trafic et faire appliquer les lois, scrupuleusement. Seule leur forte implication pourrait faire de l'interdiction du commerce d'ivoire, une mesure vraiment efficace sur le long terme pour les éléphants.

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L'agence publique kényane chargée de la conservation de la nature, Kenya Wildlife Service, accueille la nouvelle de la chute du prix de l'ivoire avec optimisme. "Si l'ivoire n'est plus convoité, tuer des éléphants ne sera plus attractif", résume Patrick Omondi, directeur adjoint de l'agence, à Associated Press,

– Adapté par Majda Abdellah. Retrouvez la version originale sur Mashable.

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