Les proches du Chinois tué par la police dimanche à Paris lancent un appel au calme après les heurts qui ont émaillé les manifestations de lundi et mardi. La présidente de l’association Chinois de France dénonce des récupérations politiques.

Parce qu'ils ont été émaillés d'incidents – une dizaine de personnes ont été interpellées mardi soir – les rassemblements pour protester contre la mort de Shaoyo Liu, ce père de famille tué à son domicile par un policier dimanche 26 mars au soir, ne font pas l’unanimité dans la communauté chinoise. "Personnellement, je ne suis pas solidaire", dit à France 24 Tamara Lui, présidente de l’association Chinois de France - Français de Chine (CFFC).

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"Ces rassemblements sont mal organisés et pas contrôlés", dénonce-t-elle en pointant qu'ils n'ont "rien à voir" avec ceux organisés en septembre 2016 après la mort d’un couturier chinois de 49 ans, Zhang Chaolin, agressé en pleine rue à Aubervilliers. "Je suis contre la violence : jeter des bouteilles aux CRS, cela donne une mauvaise image de notre communauté", ajoute-t-elle.

"Un coup de feu a cassé toute la confiance"

Tamara Lui, qui se dit "très proche" de la famille de Shaoyo Liu, s’est rendue lundi soir au premier rassemblement. "Je voulais voir, précise-t-elle. Quand je suis arrivée, il était trop tard, la cérémonie était finie et il y avait déjà des altercations." Ce soir-là, il y avait 150 personnes devant le commissariat du 19e arrondissement de Paris, près du quartier où Shaoyo Liu a été tué. Le lendemain soir, il y aura environ 400 personnes au même endroit. "Je n’y suis pas allée mais mes amis m’ont dit que cela avait été récupéré par des mouvements d’extrême gauche et qu’il y avait plus de Français que de Chinois."

Lors d’une conférence de presse organisée mercredi, la famille de Shaoyo Liu a lancé un appel au calme. Les enfants de l'homme de 56 ans ont aussi dit attendre des réponses sur "les conditions extrêmement obscures" de la mort de leur père. Shaoyo Liu agrée : "Trop de questions restent sans réponses." Pour elle qui "croit" la parole de la famille, les relations entre la communauté chinoise et la police sont durablement affectées par le drame : "Un coup de feu a cassé toute la confiance."

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