Invité mercredi 15 mars sur Europe 1, le candidat de la France insoumise s'est prononcé en faveur d'un "centre national du jeu vidéo".

C'est un peu comme s'il tentait à chaque fois de prouver que son aura de "candidat 2.0" de cette présidentielle n'a pas été volée. Lors d'une interview qu'il accordait à Europe 1 mercredi 15 mars, Jean-Luc Mélenchon a cette fois multiplié les sorties en faveur des jeux vidéo. Celui qui s'était déjà illustré par un meeting en hologramme a notamment plaidé pour l'ouverture d'un "centre national du jeu vidéo" – comme il existe bien un centre national du cinéma.

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Et le candidat d'égrener les mesures pour soutenir l'industrie française, "deuxième plus gros secteur culturel" dans notre pays, comme le fait remarquer le magazine Capital : création d'un statut particulier pour protéger les développeurs indépendants, taxe sur les manettes de jeu pour financer le développement du secteur...

Quand on sait qu'aux yeux de beaucoup, le jeu vidéo est porteur de tous les maux, cette prise de position en faveur du gaming peut s'avérer très stratégique pour le candidat. Souvent accablés ("ils sont responsables de la solitude des jeunes quand ils ne sont pas occupés à fabriquer des délinquants en série"), les jeux vidéo ont généralement mauvaise presse dans la tête de la génération à laquelle appartient Jean-Luc Mélenchon.

En 2014, l'incident "Assassin's Creed"

Surtout, parler de ce secteur a sans doute été une façon pour le candidat de se racheter, après avoir mis en rogne des gamers lorsqu'il a critiqué la "propagande" du scénario de "Assassin’s Creed Unity", jeu qui se passe sous la Révolution française. Souvenez-vous, c'était en novembre 2014 :

Il n'en a pas fallu plus pour que Jean-Luc Mélenchon devienne alors la cible de quelques moqueries bien senties dans le milieu.

Aujourd'hui, debout contre le mépris des jeux vidéo

Heureusement, deux ans après, le voilà revenu avec ses dossiers bien potassés et un argumentaire mieux huilé. Concernant la polémique "Assassin's Creed", il met de l'eau dans son vin : le jeu 3D, "c’est la technique du XXIe siècle... Même les jeux que je n’aime pas, celui sur la Révolution française, Assassin's Creed – parce qu’à la fin, c’est les révolutionnaires qui sont nuls – il est d’une splendeur, d’un aboutissement technique… Bref, c’est magique."

Et le candidat de s'improviser défenseur des jeux vidéo et de ses amateurs : "On croirait que jouer c’est perdre son temps, et bien pas du tout. Jouer, c’est même gagner du temps puisque l’on peut s’enrichir humainement", assure-t-il au micro de la Social room d'Europe 1. Avant d'ajouter : "Ce n’est pas puéril, le comportement du jeu, c’est structurant de l’imagination humaine".

"Les Français savent bien faire ça... Ils me scotchent tellement ils sont forts", reconnaît à propos des gamers Jean-Luc Mélenchon, qui a visité récemment une école dédiée aux métiers du jeu vidéo à Angoulême. À n'en point douter, ces propositions émanant du candidat qui s'était déjà amusé à faire des allusions au forum 18-25 ans de jeuxvideo.com sauront titiller les habitués de ce site mythique dans le paysage du Web français.

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