Les taux de radiation mesurés dans certaines zones de la région Fukushima par deux scientifiques japonais seraient retombés dans les normes internationales.

Alors que les robots continuent de mourir à l’intérieur de la centrale de Fukushima, les hommes, eux, pourraient revenir plus vite que prévu aux alentours.

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Selon une nouvelle étude menée par des scientifiques japonais, certaines municipalités de la région de Fukushima seraient de nouveau habitables. Ça tombe bien, la préfecture pourrait autoriser des résidents de la zone à regagner leurs maisons dans les prochaines semaines. Une décision critiquée par l'ONG Greenpeace, qui affirme que certaines localités concernées par la décision – dont Litate, à 40 kilomètres de la centrale accidentée – possèdent encore des taux de radioactivité trop dangereux à long terme pour les habitants. 

Des taux inférieurs aux normes internationales

C’est au-dessus de la ville de Date, à une soixantaine de kilomètres de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima, que Makoto Miyazaki, radiologiste à l’université médicale de Fukushima, et Ryugo Hayano, physicien à l’université de Tokyo, ont, eux, effectué leurs recherches.

En analysant des données collectées par hélicoptères depuis six ans, ils affirment que les niveaux de radiation ont chuté de 60 % entre 2011 et 2013. Dans la zone la plus contaminée de la ville de Date, les taux de radiation enregistrés avoisinent les 18 millisieverts. C’est inférieur à la limite de 20 millisieverts par an recommandée par la Commission internationale de protection radiologique.

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Carte de la préfecture de Fukushima. En rouge, la ville de Date, au nord-ouest de la centrale nucléaire accidentée.
Google Maps

La pluie et la neige à l'origine de la décontamination

Labourer, laver les toits des maisons…depuis plus de six ans, des ouvriers spécialisés s’efforcent de nettoyer la zone contaminée de Fukushima. Et pourtant, les deux scientifiques en charge de l’étude affirment que la décontamination forcée n’a eu que peu d’impact sur la normalisation des taux de radiation.

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Des pelleteuse remplissent des sacs du sol contaminé de la préfecture de Fukushima en 2016.
Eric Lafforgue, Art in All of Us, Corbis, Getty Images

"A l’échelle de la population, nous n’avons pas vu de diminution significatives des doses individuelles", explique Ryugo Hayano dans l’étude. "Ce qui ne veut pas dire que la décontamination n’aurait pas dû avoir lieu. Il y a peut-être des individus ou des familles pour qui ça a marché", poursuit-il.

Si les niveaux de radiation ont baissé, ce serait grâce à la pluie et la neige, assurent Makoto Miyazaki et Ryugo Hayano.

L'étude pourrait rassurer les habitants indécis à rejoindre la zone.

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