Les robots envoyés sur le site nucléaire de Fukushima par la société Tepco ne sont pas assez résistants face à l'intensité des radiations : quatre appareils nettoyeurs n'ont pas réussi à aller au bout de leur mission.

Six ans après la catastrophe nucléaire du 11 mars 2011, le démantèlement du site de Fukushima se profile pour 2021. Mais pour l'heure, la priorité est à la collecte de données, rendue possible grâce à des robots. Spécialement conçus pour se déplacer sous l'eau et chercher des barres de combustibles fondues dans les enceintes de confinement des réacteurs, les robots sont censés pouvoir résister aux radiations pendant plusieurs heures. Mais la tâche s'avère compliquée : tous les robots envoyés sont morts en cours de route, avant même d'avoir achevé leurs investigations. 

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Abandons à répétition

Ainsi, le 10 février dernier, un appareil n'a tenu que deux heures avant de tomber en panne, rapporte le Japan Times. Une semaine plus tard, c'est le robot Scorpion, envoyé dans le réacteur numéro 2, qui a été bloqué par des débris. Les scientifiques ont fini par sectionner le câble auquel il était relié. Avant Scorpion, deux autres robots ont, eux aussi, été abandonnés. En cause : des radiations trop intenses. "Dès qu'ils s'approchent des réacteurs, les radiations détruisent leurs câbles électriques et les rendent ainsi inutilisables", explique à l'agence Reuters, Naohiro Masuda, responsable du démantèlement de Fukushima chez Tepco, opérateur de la centrale de Fukushima. 

En image, voilà à quoi ressemblait l'expédition du robot Scorpion :

Des records de radioactivité

Malgré ces échecs, les robots ont pu révéler plusieurs observations. Un trou d'un mètre de côté a par exemple été découvert dans l'enceinte de la cuve qui contient le cœur du réacteur numéro 2. Des niveaux records de radiations y ont également été enregistrés : dans certains endroits de l'enceinte de confinement, les taux de radiations s'élèvent à 530 siverts par heure. Exposé à une telle radiactivité, un homme mourrait quasi instantanément. Naohiro Masuda explique vouloir encore envoyer un autre robot dans deux mois, au sein du réacteur numéro 1.

Dans ce contexte encore très incertain, l'Autorité de régulation nucléaire japonaise entend suivre sa feuille de route, et débuter le démantèlement dans quatre ans. Un processus qui durera une quarantaine d'années et coûtera des dizaines de milliards de dollars. Sans oublier l'enjeu de la décontamination. La compagnie aérienne low-coast sud-coréenne Jeju Air a annoncé mardi 28 février qu'elle n'emprunterait pas l'aéroport de Fukushima par crainte des radiations.

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