La secrétaire d'État chargée du Numérique vient d'annoncer qu'elle quittait le gouvernement. Axelle Lemaire souhaite "se consacrer à la campagne de Benoît Hamon et à sa candidature aux législatives", comme elle l'annonce à Libération.

Emmanuel Macron se présente comme un adepte des nouvelles technologies. Sa stratégie numérique fait tout pour viser les abstentionnistes. L'appétence du candidat pour la tech est connue de tous, et pour s'en convaincre, il suffit, entre autres, de se souvenir que l'ancien ministre à Bercy s'était rendu deux ans d'affilée au CES, le salon mondial des nouvelles technologies qui se tient à Las Vegas. Objectif à l'époque : porter les couleurs de l'innovation à la française.

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Était-ce suffisant pour gager que ce CV suffirait à convaincre une personnalité comme Axelle Lemaire de le suivre ? La réponse est non. Alors que l'ancienne secrétaire d'État chargée du Numérique vient d'annoncer qu'elle quittait le gouvernement, elle a aussi révélé le nom du candidat qu'elle souhaiterait désormais soutenir : Benoît Hamon.

"Réinventer les institutions démocratiques à l'heure du numérique"

"Parce qu’il a de l’humilité dans son approche, une ambition dans son projet et une authenticité", explique à Libération Axelle Lemaire, pour qui il y a urgence à "aller au bout de la logique de réinvention des institutions démocratiques à l’heure du numérique".

À propos de ceux qui décident plutôt de rejoindre Emmanuel Macron, elle commente : "Je respecte leur choix. Ils partagent, comme moi, la volonté du rassemblement à gauche". "Mais je ne partage pas leur constat d’une disparition des frontières politiques", poursuit-elle en faisant référence au mélange gauche-droite dont semble se targuer celui pour qui "le libéralisme est une valeur de gauche".

"Les contours de la taxe robot restent à définir"

Elle ajoute ne pas se retrouver pas dans l’hyper-personnalisation du régime présidentiel français, qu'elle qualifie de "vrai aboutissement d’une logique monarchique". "Je milite pour une constituante citoyenne pour écrire une nouvelle Constitution. Si, sur ce sujet-là, nous ne sommes pas suffisamment radicaux, Marine Le Pen le sera", développe l'ancienne secrétaire d'État chargée du Numérique.

De là à dire que tout coulera de source quand Axelle Lemaire rejoindra Benoît Hamon ? Pas tout à fait. Car concernant la taxe robot chère au candidat, la femme politique reconnaît que "les contours de cette proposition restent à définir". "Qu’est-ce qu’un robot ? Un algorithme ? Un bras mécanique ? On ne répondra pas au déclin industriel et à la suppression des emplois dans les secteurs traditionnels de l’économie par la seule réponse fiscale", constate-t-elle. "Face à la transition numérique, plus rapide que les révolutions industrielles précédentes, comment accompagner la création de nouveaux emplois ?", s'interroge-t-elle.

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