Le jour de la Saint-Valentin, une start-up californienne va placer 88 mini-satellites en orbite. Leur mission : photographier au quotidien la surface de la Terre.

Mardi 14 février aux aurores, un groupe d'ingénieurs et de scientifiques ont rendez-vous avec une fusée. Les employés de Planet, une start-up basée en Californie, vont tenter d'atteindre le record de mise en orbite de 88 satellites.

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Ils appliqueront à la lettre leur rituel qui veut qu'ils mangent des pancakes pendant la mise à feu. "Cette tradition de manger des pancakes tire son origine du premier lancement que nous ayons fait, c'était en 2013", explique Mike Safyan, qui dirige l'équipe de lancement de Planet, dans une interview.

"C'était un lancement très matinal, tout le monde s'est retrouvé pour regarder le livestream et nous avons décidé de manger des pancakes, et on a juste continué à faire ça à chacun des lancements que l'on a fait depuis."

Le lancement de cette Saint-Valentin 2017 aura un goût tout particulier pour Planet, et pas seulement parce que l'idée est de battre le record de satellites lancés en même temps par une seule société. Au total, la fusée indienne PSLV doit en placer 104 en orbite.

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Planet

Après avoir été placés en orbite, ces 88 satellites – appelés Doves (colombes, en français) par l'entreprise – doivent prendre en photo la Terre au quotidien. C'est l'objectif de la "Mission One" que Planet mène depuis sa création en 2010.

Suivre les activités humaines au quotidien depuis l'espace

C'est le 15e lancement de la start-up californienne qui disposera au total de 100 Doves en orbite. "On a déjà un certain nombre de lancements au compteur, mais nous pensons que celui-ci définit véritablement Mission One", raconte Mike Safyan. "Ça nous fait quelque chose de repenser à toutes ces années où nous étions une petite équipe dans un garage à rêver de ce jour, et ce jour est finalement arrivé."

Ce dispositif permettra aux clients de Planet d'obtenir des données plus rapidement, ouvrant la voie à des usages qui étaient jusque-là impossibles. Par exemple, les organisations qui s'intéressent à la déforestation pourraient utiliser les images prises au quotidien par ces satellites pour suivre vraiment, et peut-être empêcher, ces actes de déforestation.

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Planet

"Si nous avons une mise à jour [des images satellites] d'une zone tous les six mois, on peut voir ce qui évolue mais on ne peut pas faire grand chose", analyse Mike Safyan. "Alors que si tous les jours vous recevez une alerte et que les arbres tombent dans des zones où ils n'ont pas le droit d'être coupés, vous pouvez y aller ou envoyer quelqu'un et faire quelque chose."

Les photos peuvent également être utilisées pour surveiller les cultures et créer des cartes plus précises.

L'année chargée de Planet

Bien que jeune, la société Planet vient de vivre une grosse année marquée par l'acquisition de Terra Bella, une entreprise jusqu'alors propriété de Google, spécialisée dans les satellites dédiées à la prise de photos de la surface terrestre. Elle a ainsi pris le contrôle des sept satellites SkySat de Terra Bella. Le deal prévoit que Google achètera les images de la flotte de satellites de Planet.

"Nous sommes sûrs que des données plus accessibles peuvent aider les décideurs à prendre des mesures plus intelligentes de manière plus rapide, et nous sommes ravis de voir naître de nouvelles applications depuis ces bases de données", a confié Planet dans un post de blog.

– Adapté par Steven Jambot. Retrouvez la version originale sur Mashable.

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