Le décret anti-immigration de l’administration Trump a pris au piège des milliers de personnes dans les aéroports, parmi lesquelles un scientifique de la NASA, de nationalité américaine. Son récit est surprenant.

Sidd Bikkannavar, un citoyen américain de naissance, raconte avoir été retenu à l’aéroport de Houston le 30 janvier, quelques jours après que Donald Trump a signé le décret interdisant l’entrée sur le territoire de citoyens de sept pays majoritairement musulmans.

VOIR AUSSI : Petite compilation jubilatoire des meilleurs slogans contre le décret anti-immigration de Donald Trump

L’homme, qui travaille pour le Jet Propulsion Laboratory de la NASA, était sur le chemin du retour vers les États-Unis après un séjour à Santiago au Chili, comme il le raconte dans une interview au site The Verge publiée dimanche 12 février.

En plus de son job d’ingénieur pour la NASA, il est aussi pilote de voiture à énergie solaire et venait de passer plusieurs semaines en Patagonie pour une course.

etats_unis_immigration_code_pin.jpg
Sidd Bikkannavar devant une voiture de course à énergie solaire.
SIDD BIKKANNAVAR/PRINCIPIAALUMNI.ORG

Sidd Bikkannavar s’attendait sans doute à passer facilement les procédures de contrôle de l’immigration et des douanes à l’aéroport intercontinental George Bush à Houston. Après tout, ce détenteur d’un passeport américain est inscrit au programme Global Entry proposé par le service américain des douanes et de la protection des frontières (CBP) qui facilite l’entrée des voyageurs "pré-acceptés et à faibles risques" aux États-Unis.

Mais à la place, les agents du CBP ont pris Sidd Bikkannavar à part et lui ont demandé de leurs donner son téléphone professionnel et son code PIN, comme il l’a décrit dans un post Facebook.

Mashable a contacté Sidd Bikkannavar, le service américain de protection des frontières et le Jet Propulsion Lab de la Nasa pour plus d’informations.

Sidd Bikkannavar raconte qu’il a remis son téléphone et son code PIN aux agents, qui l’ont ensuite fait patienter pendant qu’ils "copiaient ses données" dans une salle d’attente où d’autres détenus dormaient sur des lits de camp.

À l’échelle nationale, ce sont au moins 940 personnes qui ont été empêchées d’embarquer à bord d’un avion entre le 27 janvier – date à laquelle le décret présidentiel a pris effet – et le 1er février, rapporte le Washington Post d’après des chiffres fournis par le département de la Sécurité intérieure des États-Unis.

Le décret anti-immigration avait été temporairement suspendu le 3 février, sur la décision d’un juge fédéral de Seattle. La semaine dernière, la cour d’appel fédérale de San Francisco a confirmé le gel du décret en rejetant la demande d’appel du gouvernement pour protéger "l’intérêt général".

Sidd Bikkannavar, lui, a finalement pu récupérer son téléphone puis continuer son voyage retour. Mais depuis, le Jet Propulsion Lab a pris soin de lui donner un nouveau smartphone et mène une enquête pour savoir si les agents des frontières ont copié des informations ou installé n’importe quel device sur le téléphone, assure l’ingénieur de la NASA.

– Adapté par Louise Wessbecher. Retrouvez la version originale sur Mashable.

Quelque chose à ajouter ? Dites-le en commentaire.