En 1910, une ambitieuse expédition se met en route pour l'Antarctique. Objectif ? Atteindre pour la première fois le pôle Sud.

L'explorateur britannique Robert Falcon Scott, en 1910, se met en tête d'entreprendre une ambitieuse expédition en Antarctique. Son rêve : mettre le pied sur des terres inconnues, mener des études scientifiques et surtout devenir par là même occasion le premier homme à atteindre le pôle Sud.

VOIR AUSSI : Plus d'une tonne de fossiles de monstres marins du temps des dinosaures découverte en Antarctique

Cette mission avait donc tout d'un énorme challenge. L'année d'avant, un certain Ernest Shackleton avait déjà approché le pôle à moins de 200 kilomètres. Un autre explorateur, le Norvégien Roald Amundsen, avait également des vues sur ce record à battre.

Alors, immédiatement après avoir obtenu des fonds publics et privés, l'expédition britannique (plus populairement appelée l'expédition de Terra Nova, du nom du navire d'approvisionnement) n'a pas perdu de temps et s'est mise en route pour l'Antarctique.

En janvier 1911, le navire atteint la dépendance de Ross, une région glacée située au sud de la Nouvelle-Zélande et dominée par la barrière de Ross, la plus grande barrière de glace de la région. C'est au bord de cette barrière, sur les rives volcaniques de l'île de Ross, que l'expédition a déchargé ses chiens de traîneau, ses poneys, ses traîneaux motorisés ainsi qu'une cabane en bois préfabriquée et isolée grâce à des algues matelassées.

terranova1.jpg
Le Terra Nova, dans toute sa splendeur, 1910.
UNIVERSAL HISTORY ARCHIVE/UIG VIA GETTY IMAGES
terranova2.jpg
Des hommes et des chiens, à bord du Terra Nova, 1910.
LIBRARY OF CONGRESS/CORBIS/VCG VIA GETTY IMAGES
terranova3.jpg
Le matelot Mortimer McCarthy, aux commandes du Terra Nova, 1910.
ERBERT PONTING/SCOTT POLAR RESEARCH INSTITUTE, UNIVERSITY OF CAMBRIDGE/GETTY IMAGES
terranova4.jpg
Le médecin de bord George Murray Levick écorche un pingouin, en 1910.
HERBERT PONTING/SCOTT POLAR RESEARCH INSTITUTE, UNIVERSITY OF CAMBRIDGE/GETTY IMAGES
terranova5.jpg
Le 28 décembre 1910, un pingouin traverse une plaque de glace de la dépendance de Ross.
HERBERT PONTING/SCOTT POLAR RESEARCH INSTITUTE, UNIVERSITY OF CAMBRIDGE/GETTY IMAGES
tn1.jpg
5 janvier 1911 : le géologue Thomas Griffith Taylor et le météorologue Charles Wright observent leTerra Nova depuis l'intérieur d'une grotte de glace.
IMAGE: HERBERT PONTING/SCOTT POLAR RESEARCH INSTITUTE, UNIVERSITY OF CAMBRIDGE/GETTY IMAGES
terranova6.jpg
Le 23 janvier 1911, des hommes montent le campement sur le cap Evans. À l'arrière plan de la photo, on aperçoit le volcan du mont Erebus.
HERBERT PONTING/SCOTT POLAR RESEARCH INSTITUTE, UNIVERSITY OF CAMBRIDGE/GETTY IMAGES
terranova7.jpg
En décembre 1910, le capitaine Lawrence Oates se tient près des poneys dans leur étable, à bord du Terra Nova.
HERBERT PONTING/PUBLIC DOMAIN
terranova8.jpg
En 1911, le docteur Edward Wilson en compagnie de Nobby le poney.
HERBERT G. PONTING/LIBRARY OF CONGRESS/CORBIS/VCG VIA GETTY IMAGES
terranova9.jpg
Quelques chiens se reposent près d'un iceberg.
HERBERT G. PONTING/LIBRARY OF CONGRESS/CORBIS/VCG VIA GETTY IMAGES
terranova10.jpg
Le Terra Nova, au loin, en 1911.
THE PRINT COLLECTOR/PRINT COLLECTOR/GETTY IMAGES
tn2.jpg
Un pingouin empêche le photographe Herbert Ponting de s'approcher de son nid sur l'île de Ross, en 1911.
HERBERT PONTING/SCOTT POLAR RESEARCH INSTITUTE, UNIVERSITY OF CAMBRIDGE/GETTY IMAGES
tn3.jpg
Chris le chien à traîneau écoute de la musique, planté devant le gramophone.
HERBERT PONTING/SCOTT POLAR RESEARCH INSTITUTE, UNIVERSITY OF CAMBRIDGE/GETTY IMAGES
tn4.jpg
Le sous-officier Edgar Evans, en 1911.
Petty Officer Edgar Evans.IMAGE: HERBERT PONTING/SCOTT POLAR RESEARCH INSTITUTE, UNIVERSITY OF CAMBRIDGE/GETTY IMAGES

C'est une fois le camp installé que les membres de l'expédition ont pu poursuivre leurs explorations.

tn5.jpg
7 février 1911 : les hommes réchauffent leurs repas au campement.
HERBERT PONTING/SCOTT POLAR RESEARCH INSTITUTE, UNIVERSITY OF CAMBRIDGE/GETTY IMAGES
tn7.jpg
Le docteur Edward Wilson en tenue de traîneau, en avril 1911.
HERBERT PONTING/SCOTT POLAR RESEARCH INSTITUTE, UNIVERSITY OF CAMBRIDGE/GETTY IMAGES
tn8.jpg
Un membre de l'expédition en train de manger une boîte de conserve de haricots, en janvier 1912.
HERBERT PONTING/SCOTT POLAR RESEARCH INSTITUTE, UNIVERSITY OF CAMBRIDGE/GETTY IMAGES

Le commandant de bord Victor Campbell avait choisi six hommes pour l'accompagner sur le Terra Nova, dans l'espoir de mener des travaux scientifiques sur la terre du Roi-Édouard-VII. Un jour, sur le chemin du retour à leur campement, ils ont été surpris de tomber sur une autre expédition arrivée entre temps : celle de Roald Amundsen, qui avait posé ses valises dans la baie des Baleines.

Encore plus près du pôle

Les deux expéditions ont échangé quelques plaisanteries cordiales, puis Campbell s'est empressé de revenir au camp pour informer Scott de l'arrivée des rivaux. Un peu abasourdi par la nouvelle, Scott a choisi de poursuivre la mission comme prévu et a ordonné le déplacement des cargaisons plus près du pôle.

La manœuvre n'a pas été une partie de plaisir. Presque immédiatement, les complications sont arrivées : violents blizzards, fatigue des chevaux commençant à s'affamer... Seuls deux des huit présents au début de la mission ont d'ailleurs pu survivre.

tn10.jpg
Le maître-chien Cecil Meares et le capitaine Lawrence Oates cuisinent de la graisse de baleine pour les chiens, en mai 1911.
HERBERT PONTING/SCOTT POLAR RESEARCH INSTITUTE, UNIVERSITY OF CAMBRIDGE/GETTY IMAGES

Pendant ce temps-là, des groupes de géologues exploraient les régions avoisinantes.

Les 25 hommes de la fête se sont installés dans la hutte, au début de l'hiver en Antarctique, en avril 1911, tuant le temps à lire, étudier et parfois jouer quelques matchs de foot. Scott poursuit, au même moment, ses calculs et ses plans pour organiser le voyage vers le pôle.

Au cours de l'hiver, le docteur Edward Wilson, scientifique en chef, a mené plusieurs hommes dans une sortie pour récupérer des œufs de manchots empereurs dans une colonie de rochers, situé à plus de 100 kilomètres du campement.

tn11.jpg
Le capitaine Scott, en bout de table, célèbre son 43e anniversaire, le 6 juin 1911.
HERBERT PONTING/SCOTT POLAR RESEARCH INSTITUTE, UNIVERSITY OF CAMBRIDGE/GETTY IMAGES
tn12.jpg
12 juillet 1911 : le géologue Frank Debenham écrase des bouts de pierre.
HERBERT PONTING/SCOTT POLAR RESEARCH INSTITUTE, UNIVERSITY OF CAMBRIDGE/GETTY IMAGES
tn13.jpg
22 juillet 1911 : le photographe Herbert Ponting dans sa chambre noire.
IMAGE: HERBERT PONTING/SCOTT POLAR RESEARCH INSTITUTE, UNIVERSITY OF CAMBRIDGE/GETTY IMAGES
tn14.jpg
Un traîneau, en 1912.
HULTON-DEUTSCH COLLECTION/CORBIS/CORBIS VIA GETTY IMAGES
tn15.jpg
Apsley Cherry-Garrard, en octobre 1911.
HERBERT PONTING/SCOTT POLAR RESEARCH INSTITUTE, UNIVERSITY OF CAMBRIDGE/GETTY IMAGES
tn16.jpg
7 octobre 1911 : le capitaine Scott écrit dans son journal intime. Il a accroché des photos de sa femme et de son fils sur le mur derrière lui.
HERBERT PONTING/SCOTT POLAR RESEARCH INSTITUTE, UNIVERSITY OF CAMBRIDGE/GETTY IMAGES
tn17.jpg
8 octobre 1911 : un homme se tient en haut du Matterhorn, avec le volcan Erebus en arrière plan.
HERBERT PONTING/SCOTT POLAR RESEARCH INSTITUTE, UNIVERSITY OF CAMBRIDGE/GETTY IMAGES
tn18.jpg
9 octobre 1911 : Henry Robertson Bowers, Lawrence Oates, Cecil Meares, Edward L. Atkinson et Apsley Cherry-Garrard se reposent.
HERBERT PONTING/SCOTT POLAR RESEARCH INSTITUTE, UNIVERSITY OF CAMBRIDGE/GETTY IMAGES
tn19.jpg
2 décembre 1911 : Anton Omelchenko se trouve sur le glacier Barne, sur l'île de Ross.
HERBERT PONTING/SCOTT POLAR RESEARCH INSTITUTE, UNIVERSITY OF CAMBRIDGE/GETTY IMAGES
tn20.jpg
Janvier 1912, Cecil Meares joue du piano.
HERBERT PONTING/SCOTT POLAR RESEARCH INSTITUTE, UNIVERSITY OF CAMBRIDGE/GETTY IMAGES
tn21.jpg
Novembre 1911 : le capitaine Scott prêt à aller vers le pôle Sud.
IMAGE: HULTON ARCHIVE/GETTY IMAGES

À l'arrivée du printemps, Scott a établi son plan pour atteindre le pôle Sud. Une première troupe de 16 hommes s'est mise en marche pour la grande barrière de glace, transportant des fournitures et des traîneaux à moteur, des poneys ainsi que des chiens.

tn22.jpg
Janvier 1912 : le capitaine Scott mène un convoi vers le pôle Sud.
HULTON ARCHIVE/GETTY IMAGES
tn23.jpg
Janvier 1912, un plutôt gelé Charles Wright est revenu au campement après avoir atteint la barrière de Ross.
HERBERT PONTING/SCOTT POLAR RESEARCH INSTITUTE, UNIVERSITY OF CAMBRIDGE/GETTY IMAGES

Le 4 décembre, la mission a atteint le bord le plus éloigné de la barrière de Ross et a commencé à grimper le glacier Beardmore.

Le 20 décembre, les hommes atteignent enfin le début du vaste plateau vide qui se trouvait entre eux et le pôle. Les chiens sont alors renvoyés à la base, et le 3 janvier 1912, Scott choisit les quatre hommes qui le rejoindraient dans la partie polaire : le scientifique en chef Edward Wilson, Lawrence Oates, Henry Bowers et Edgar Evans.

Arrivés un mois trop tard

Les cinq derniers hommes poussent alors vers le sud. Le 16 janvier, au milieu d'une immense étendue de néant blanc autour d'eux, ils aperçoivent quelque chose - un drapeau noir flottant sur un traîneau. Une note a été jointe. Amundsen les avait battus d'un mois. Crestfallen, Scott et ses compagnons atteignirent le pôle Sud le lendemain et découvrirent le camp qu'Amundsen avait laissé derrière lui le lendemain.

tn24.jpg
Le docteur Wilson, les capitaines Scott et Oates, Henry Bowers ainsi que Edgar Evans posent au pôle Sud, le 18 janvier 1912.
Domaine public
tn25.jpg
18 janvier 1912 : le capitaine Scott trouve une tente noire derrière Amundsen, plantée là un mois plus tôt.
HULTON-DEUTSCH COLLECTION/CORBIS/CORBIS VIA GETTY IMAGES

Bien que n'étant pas le triomphe qu'ils avaient imaginé, leur mission avait enfin été menée à bien. Sur cette satisfaction, le groupe décide de retourner au campement. Mais Evans, souffrant de gelures sévères et d'autres blessures, s'effondre et meurt au bord du glacier le 17 février. Les quatre hommes survivants traversent alors la barrière de Ross pour retrouver leurs chiens.

Ceux-ci ne sont pas présents au rendez-vous. Or, les pieds gelés d'Oates ne lui permettent plus de marcher plus d'une dizaine de kilomètres par jour. Le 17 mars, à l'âge de 32 ans, il perd l'usage de ses mains. Conscient d'être un frein pour le groupe, un jour, il assure à ses partenaires sous leurs tentes qu'il sort juste prendre l'air un moment. Il ne reviendra jamais. 

"Dehors, la tempête gronde. Je n'ai plus beaucoup d'espoir"

Scott, Bowers et Wilson ont continué, devenant plus faibles et malades tout au long du voyage. Le 20 mars, à seulement une vingtaine de kilomètres du grand campement, ils sont immobilisés par une féroce tempête de neige.

"Nous tentons de rejoindre notre grand campement, mais dehors, la tempête gronde. Je n'ai plus beaucoup d'espoir. Bien sûr, nous allons tout faire pour tenir le choc, mais il faut faire face à l'évidence : nous sommes de plus en plus faibles. Même si le grand campement n'est plus bien loin. Je n'ai pas l'énergie d'écrire davantage. R. Scott. Pour l'amour de Dieu, prenez soin de nos hommes", peut-on lire dans le journal de Robert Falcon Scott, à la date du 23 mars 1912. Ce sera la dernière entrée de son carnet.

Deux semaines tard, les corps de Scott, Wilson et Bowers ont été retrouvés par les hommes restés au campement.

tn26.jpg
Les membres de l'expédition retournent en Nouvelle Zélande, à bord du Terra Nova, après avoir retrouvé les corps de Scott et de ses coéquipiers.
HULTON-DEUTSCH COLLECTION/CORBIS/CORBIS VIA GETTY IMAGES

– Adapté par Émilie Laystary. Retrouvez la version originale sur Mashable.

Quelque chose à ajouter ? Dites-le en commentaire.