Le géant suédois de l’ameublement Ikea va commercialiser à partir de 2019 une ligne textile (tapis, étoffes…) fabriquée par des réfugiés syriens – en majorité des femmes – installés en Jordanie. L’initiative devrait créer 200 emplois.

La firme suédoise Ikea s’engage dans l’aide aux réfugiés. D’ici à trois ans, l’entreprise d’ameublement s’engage à commercialiser des tapis et des tissus exclusivement produits par des Syriens – ou plutôt des Syriennes – réfugiés en Jordanie. Les produits seront distribués dans les magasins Ikea, basés au Moyen-Orient. Cette ligne textile devrait permettre de créer environ 200 emplois.

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"La situation en Syrie est une tragédie et la Jordanie fait beaucoup pour l’accueil de ces réfugiés… Nous avons décidé d'agir nous aussi", a expliqué Jesper Brodin, l’un des responsables de l’enseigne, à CNN. Ikea assure que le travail de ces femmes sera encadré et supervisé par des associations locales pour prévenir tout abus.

Ce partenariat commercial n’est pas une réponse au décret anti-immigration de Trump, qui interdit aux réfugiés syriens notamment l’entrée sur le territoire américain. Il avait été décidé bien avant. Ikea s’est toutefois désolidarisé des actes du président américain. "Nous sommes pour le respect des droits de l'Homme, et nous n'acceptons aucune forme de discrimination", a déclaré l’entreprise dans un communiqué.

Selon des données récentes de l’ONU, 37 000 permis de travail ont été délivrés en Jordanie pour les réfugiés syriens, bien que nombre d’entre eux travaillent sans autorisation. En revanche, les recrutements sont rares chez les femmes, qui sont traditionnellement chargées de s’occuper des enfants.

Ce n’est pas la première fois qu’Ikea s’implique dans la crise migratoire. En 2015, la firme avait annoncé qu’elle allait fournir 30 000 abris provisoires au Haut-Commissariat pour les réfugiés des Nations unies (UNHCR). Cet abri pliable a été sacré meilleur design de l’année 2016 au mois de janvier et a reçu le Prix Beazley, présenté par le Design Museum de Londres.

– Article de Charlotte Boitiaux initialement publié sur France 24.

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