Benoît Hamon et Manuel Valls s'affronteront au deuxième tour de la primaire de la gauche. Si l'on additionne les voix de tous ceux qui ont contesté la politique du gouvernement, ce vote est une revanche du 49/3.

Les primaires c'est fantastique. Il n'y a pas mieux que la démocratie pour redistribuer les cartes et redonner un peu d'oxygène au débat politique. Après la surprise Fillon à droite, voici Benoît Hamon, le moins connu des anciens ministres de François Hollande qui coiffe au poteau le premier ministre sortant. Il a séduit par un discours qui renouait avec l'utopie (la proposition d'un revenu d'existence universel qui a notamment séduit les plus jeunes), sans grandiloquence dans l'expression (le défaut majeur de Montebourg), et avec une communication marquée par la simplicité (Ah ! ce candidat qui arrive en taxi à son QG de campagne...).

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Rien n'est jamais écrit mais les chiffres sont parlants. Arrivant second, et surtout avec un score cumulé des deux frondeurs Montebourg et Hamon supérieur à 50 %, Manuel Valls subit une motion de censure des électeurs socialistes et écologistes.

On ne peut pas dire que la chose soit totalement surprenante compte tenu de l'impopularité de l'exécutif. On pourra trouver cela injuste et se dire que les électeurs de la primaire (aux trois quarts d'entre eux ils l'ont reconnu dans les sondages de sortie des urnes) n'ont pas choisi celui qui avait l'étoffe d'un président mais plutôt celui qui incarnait le mieux leurs valeurs. Celui qui, tout le monde l'a remarqué, a fait la campagne la plus vibrante et a su imposer dans le débat des sujets de la vie quotidienne (les perturbateurs endoctriniens) que la plupart des politiques délaissent complètement.

Valls dans le rôle du père fouettard de la gauche n'avait pas la partie facile et le second tour s'annonce difficile pour lui. On verra s'il apparaît plus concerné dans l'entre-deux-tours.

Jusqu'ici on avait l'impression qu'il ne serait peut-être pas tout à fait mécontent qu'on lui évite (avec les formes) une qualification pour la présidentielle dans laquelle une quatrième voire une cinquième place humiliante aurait sans doute signifié une fin de carrière.

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