Qui s'est illustré lors du troisième débat de la primaire de la gauche ? Benoît Hamon a-t-il confirmé sa côte de popularité ou s'est-il fait doubler par Arnaud Montebourg ? Quid de Manuel Valls ? Retour sur le débat vu de Twitter.

La dynamique Benoît Hamon est en marche sur Twitter. Dès la première partie du troisième débat de la primaire de la gauche, jeudi 19 janvier, sa côte de popularité a pris le large. "Il ressort clairement pour l'instant ; il est au cœur du débat avec ses propositions !", a notamment constaté @Vincent_Drouvot. Pour cause, le député des Yvelines a une nouvelle fois été interrogé sur le revenu universel, sa proposition "phare" qui avait déjà agité la Twittosphère lors du premier débat.

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Sauf que cette fois-ci, ses adversaires, bien conscients qu’il est l’homme à abattre à trois jours du premier tour, n’ont pas hésité à dégainer contre lui. "Ils ont compris que Benoît Hamon pouvait virer en tête donc on assiste à un TSH (tout sauf Hamon) massif. Logique", a analysé @LiamUguel. "La semaine dernière, c'était Valls qui était ciblé. Ce soir, c'est clairement Hamon. Et de manière plus féroce au passage", a pour sa part noté @cdwicq.

"Hamon aura mon vote dimanche"

Malgré les attaques, l'idée du revenu universel qui permet, selon le candidat, de "libérer 600 000 emplois étudiants", a clairement séduit les jeunes internautes. Pour @jessicagerondal, "il est le seul à proposer un avenir à la jeunesse, aux 18-25 ans, oubliés des autres candidats". "Il me plaît de plus en plus ! Enfin un qui s'intéresse aux jeunes", a affirmé de son côté ‏@AlisaLilina. D’autres tiquent toutefois sur son financement : "C'est vrai que j'ai un peu peur que le revenu universel ne soit pas viable ; c'est une belle idée mais où se trouve l'argent ?", s’est interrogé @Audedeu. Certains, à l’image de @Aeag01, ont même jugé Benoît Hamon "en difficulté ce soir car incapable d'expliquer financement de son programme".

Reste que le député des Yvelines a aussi gagné des points sur le thème de la protection sociale, en élargissant le débat à la santé environnementale, un thème manifestement cher aux internautes. "Pour le coup, merci B. Hamon de parler des perturbateurs endocriniens qu'on nous balance de chaque côté sans qu'on ait le choix !", s’est enthousiasmé @NoorBeez, à l'image de nombreux internautes. "Bon... c'était déjà acquis, mais c'est #Hamon qui aura mon vote dimanche", a conclu @AnthonyFolliot.

Sauf que Manuel Valls reste l’homme fort dans cette primaire. Selon la plateforme de veille médiatique de la communication digitale @visibrain, entre 21h et 23h35, le nom de l'ancien ministre a été mentionné plus de 22 000 fois, contre plus de 16 000 pour le député des Yvelines.

Comparaison candidats

"Il est un cran au-dessus pendant les débats et en particulier lors du 3e", a noté @XavierGolczyk. Il veut incarner la société du travail, la refondation de l'Europe, la république et la laïcité." Pour @daisyrose_rose, l'ancien maire d'Evry est "le seul à être lucide face à la réalité", avant d'ajouter : "C'est un homme droit et responsable”. Manuel Valls a également "marqué des points avec sa proposition de service civique obligatoire", ont jugé @Bobichsee et @NicolasDupiech.

Le prix de l'humour pour Montebourg

Manuel Valls et Benoît Hamon tiennent à distance Arnaud Montebourg, qui a pourtant affolé la Twittosphère avec son tacle contre Emmanuel Macron. Il a reproché à l'ancien ministre de l'Économie de faire l’éloge de Villiers à Giscard en passant par Mitterrand, avant de lâcher : "Quand c'est flou c'est qu'il y a un loup !". Ses propos, qui font écho à ceux que Martine Aubry avait prononcé lors de ce la primaire de 2011 à l’encontre de François Hollande, ont fait beaucoup sourire sur la Toile. @MickaelPelleti4 lui a notamment décerné le "prix de l'humour". Mais pour le reste, le député de Saône-et-Loire a, selon @jolanissa, "manqué un peu de flamme" – comme lors des deux premiers débats. "Même s’il reste précis, convaincant et cohérent", a-t-elle nuancé.

Jugé clair et réaliste par @Edmond_DAPS, Vincent Peillon s’est, lui, illustré dans ce débat pour avoir "renvoyé" chacun à ses contradictions. "Au revenu universel, il a opposé l’idée d’un patrimoine universel", note ‏@BaptisteMenard. De son côté, @FCulture_Pol a constaté que l’ancien ministre de l’Éducation a "taclé Valls". "Pas le service civique obligatoire, les jeunes veulent du travail, pas le retour à l’armée", a-t-il indiqué. 

Les Internautes ont aussi apprécié la performance de François de Rugy. Régulièrement qualifié de "pragmatique", il s’était déjà illustré lors du deuxième débat pour "ses propositions concrètes". @jxhalloy a salué sa volonté d’imposer des quotas dans les logements sociaux. "Proposition intéressante pour les sans-abris", a-t-il noté. De son côté, @Anathies l'a jugé "pragmatique encore une fois" quand il propose "que les complémentaires santé ne soient plus à but lucratif mais de gestion équilibrée". 

Pinel et Bennahmias à la peine

Souvent à la traîne dans les temps de parole, Sylvia Pinel n’a en revanche pas réussi à briller aux yeux des Internautes. ‏Malgré sa veste rouge et sa position centrale sur le plateau télévisé, @Tom_doubleD l’a jugé "transparente". Pinel est portée disparue du débat. Où es tu passée ?, a ironisé @SebLegrand_Fr. De son côté, @ThierryDugeon a estimé qu'elle "manquait de media training" car elle "rame pour regarder la caméra".

Enfin, Jean-Luc Bennahmias n’a pas saisi l’occasion de se positionner sur la santé et l’environnement. Il a notamment été raillé pour avoir pris la parole inutilement sur un sujet sur lequel il est potentiellement attendu. "Bennahmias, le mec qui perd 10 secondes de temps de parole pour féliciter les autres", note ‏B_Bouthier. Les électeurs jugeront. 

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