Mardi 17 janvier, Mark Zuckerberg a témoigné devant la cour fédérale de Dallas. Son entreprise Oculus est accusée de vol de propriété intellectuelle. Le verdict de de ce procès aura une influence majeure sur l'avenir du CEO de Facebook.

Ce mardi 17 janvier était une journée déterminante dans la vie de Mark Zuckerberg.

Elle l’était tellement qu’il a décidé de porter un costume.

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Une fois n'est pas coutume : le CEO de Facebook a abandonné au vestiaire son célèbre t-shirt gris au profit d'une veste et d'une cravate. Une incartade à ses habitudes vestimentaires afin de se montrer sous son meilleur jour pour affirmer à la justice que son entreprise de réalité virtuelle, Oculus VR, ne s’est jamais servie d’une technologie autre que la sienne.

Le procès a commencé la semaine dernière à la cour fédérale de Dallas.

Les accusations portées à l’encontre de Facebook émaneny de ZeniMax Media, un studio de développement de jeux-vidéo (notamment à l'origine de "Quake", "Doom" ou encore "Fallout"). Mais c’est un seul homme qui se trouve véritablement au centre de cette affaire : John Carmack.

Ancien employé de ZeniMax, il a été engagé par Oculus VR en août 2013 afin d'occuper le poste de directeur de la technologie. Quelques mois après son arrivée, en mars 2014, Facebook a racheté Oculus. Une fois la transaction actée, ZeniMax a déposé une plainte pour accuser John Carmack de vol de propriété intellectuelle.

"Ces acccusations sont fausses"

Lors de son témoignage la semaine dernière, Carmack a nié avoir utilisé son travail à ZeniMax pour construire l’Oculus Rift, le casque de réalité virtuelle.

Ce mardi 17 janvier, Mark Zuckerberg, qui s’est occupé personnellement du rachat d’Oculus VR, a soutenu les propos de Carmack, niant ainsi les attaques qui visent son entreprise.

C’était la première fois qu’il témoignait devant une cour de justice. Mais le jeune CEO est tout de même familier des procédures judiciaires. Il avait été poursuivi par ses anciens camarades d’Harvard, encore une fois pour vol de propriété intellectuelle, suite à la création de Facebook. L’affaire avait finalement été réglée en privé et, comme souvent, à la faveur d'un gros chèque.

"Je suis ici car ces accusations sont fausses. Il est primordial que je l’affirme", a déclaré Mark Zuckerberg. "Dire que les produits Oculus sont basés sur la technologie d’une personne extérieure à l’entreprise est totalement faux."

"Je n’avais jamais entendu parler de ZeniMax avant"

Zuckerberg a aussi parsemé son témoignage de punchlines sur la puissance et l’ambition de Facebook, à en croire les journalistes présents à Dallas. "Comme la plupart des personnes présentes dans ce tribunal, je n’avais jamais entendu parler de ZeniMax avant", a-t-il impétueusement lancé.

"Quand vous réalisez un deal aussi important, il est fréquent de voir toutes sortes de personnes pointer le bout de leur nez pour s’approprier une part du gâteau", a poursuivi Zuckerberg dans des propos rapportés par le Times.

"Je sais que notre équipe juridique va s’intéresser à cette affaire et l’examiner. Mais si elle estime que celle-ci n’est pas crédible, elle ne me fera pas perdre mon temps", a également affirmé le CEO de Facebook.

Une clause de non-divulgation

Lorsque Carmack était encore un employé de ZeniMax, le studio travaillait conjointement avec Oculus VR. C'est à cette époque qu'une clause de non-divulgation avait été signée avec le fondateur d’Oculus, Palmer Luckey. Mais lors du rachat de la société par Facebook, cette clause n'a pas été respectée. Zuckerberg a expliqué qu’il n’a jamais été mis au courant de cet accord, rapporte Gizmodo.

"Il est fréquent de voir des personnes essayer de s'approprier une part du gâteau"

Le contrat entre Facebook et Oculus VR a rapidement évolué. Amin Zoufounoun, vice-président du développement corporatif chez Facebook, a mené un examen juridique sur un seul week-end, à en croire Tony Sammi, l’avocat de ZeniMax.

Ce dernier a aussi interrogé Mark Zuckerberg à propos du slogan de Facebook, "Avancez vite, brisez les codes." Le CEO du réseau social a révélé que sa compagnie ne se servait plus de cette phrase. "Notre nouvelle devise illustre notre envie de construire vite en s’appuyant sur une infrastructure stable", s'est défendu Zuckerberg selon le Times. Ce slogan avait été dévoilé en 2014, lors de la conférence F8 Developers.

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Mark Zuckerberg à la conférence F8 en 2014.
IMAGE : MASHABLE

Au-delà de cette phrase, Zuckerberg assure que son équipe cherche à acquérir des projets innovants à moindre coût afin de ne pas être dépassé par la concurrence. Pour racheter Oculus VR, Facebook a dépensé environ 3 milliards de dollars.

La réalité virtuelle en ligne de mire

Ce procès n’est qu’un obstacle dans la quête de Zuckerberg. Le CEO de Facebook rêve de s’approprier la réalité virtuelle. Mais c’est un voyage long et coûteux, même pour l’une des entreprises les plus riches du monde.

Oculus VR a déjà été confronté à des problèmes en interne. Son fondateur, Palmer Luckey, n’est plus apparu en public depuis que The Daily Beast a révélé qu’il avait financé des sites de propagande opposés à Hillary Clinton durant la présidentielle américaine.

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Luckey et l’ancien CEO d’Oculus VR, Brendan Iribe, qui a démissionné de son poste en décembre dernier, devraient être auditionnés par la cour fédérale dans les prochains jours.

Étant au Texas pour ce procès, Zuckerberg en a profité pour accomplir le premier arrêt de sa tournée dans tous les États américains pour rencontrer ses concitoyens. Le patron de Facebook explique que c’est sa bonne résolution de 2017. Mais du côté de la Silicon Valley, cette tournée est déjà vue comme les prémices d’une future candidature à la présidence des États-Unis.

– Adapté par Lhadi Messaouden. Retrouvez la version originale sur Mashable

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