Donald Trump, élu "Person of the Year" par Time, s'est moqué du magazine américain dernier pour le caractère "politiquement correct" de l'appellation "Person". N'en déplaise à sa virilité, ce titre est plutôt logique.

Décidément, Donald Trump est un éternel insatisfait. Il trouve même quelque chose à redire à sa nomination comme "Person of the Year" par le magazine Time pour l'année 2016.

VOIR AUSSI : Il n'y a rien de surprenant à ce que Time ait choisi Donald Trump comme "Person of the Year"

Bon, on vous l'avait déjà dit : cette désignation n'a rien de flatteuse, surtout que le magazine le nomme "président des États-Désunis d'Amérique". Mais le jour de l'annonce, le président élu lui-même s'était dit flatté, et avait confié à Today que ce prix était un "formidable honneur".

Il a apparemment changé d'avis, si l'on en croit cette sortie lors d'un meeting en Iowa jeudi 8 décembre au soir.

"J'ai reçu le titre 'Person of the Year' de Time. Avant ils l'appelaient 'Homme de l'année' mais ils ne peuvent plus faire ça. Ils veulent être politiquement correct... C'est pas grave", explique Donald Trump sous les applaudissements de ses supporters.

Politiquement correct ou simple logique ?

Donald Trump ne serait plus Donald Trump s'il avait accepté la nomination sans une petite pique lancée au magazine qu'il a longtemps critiqué. Mais son accusation n'est pas vraiment fondée.

Time appelait effectivement la personne désignée en fin d'année "Man of the Year". Mais dès 1936, le magazine récompense une femme, Wallis Simpson, Américaine deux fois divorcée devenue épouse du roi Edouard VIII. Une "Woman of the Year", donc. Un an plus tard, ce sont Tchang Kaï-chek et Song Meiling qui sont choisis, soit un couple. En 1950, ce sont les soldats américains qui sont "Man" (ou plutôt "Men") of the Year.

Ensuite c'est la débandade : les révoltés hongrois (1956), les scientifiques américains (1960), les jeunes (1966), les astronautes du programme Apollo (1968), la classe moyenne américaine (1969), les Américaines (1975)... Puis l'ordinateur (1982), la Terre (1988), et plus récemment "Vous" en 2006.

Un peu tard comparé à cette liste originale d'hommes, femmes, couples, groupes et mouvements, classes sociales, objets et concepts de l'année, le magazine Time a fini par se dire que le titre "Man of the Year" n'était plus adapté. En 1999, il devient "Person of the Year", un terme qui définit bien mieux la pluralité des récipiendaire. Et qui, après la nomination de quatre femmes, des "Américaines" et des "jeunes" dans leur ensemble, ne supportait plus bien l'appellation genrée de "Man of the Year".

Mais pas étonnant, pour un homme qui s'est fait remarquer pour ses sorties misogynes et sa vision bien particulière de la virilité, qu'un titre oubliant de rappeler qu'il est un "homme", un vrai, lui ait déplu.

Quelque chose à ajouter ? Dites-le en commentaire.