À la table des hommes préhistoriques, contrairement à ce que l'on croit, le gibier n'a pas toujours été roi. Des chercheurs israéliens ont en effet prouvé que les plantes étaient consommées en quantité il y a 750 000 ans.

Et si les partisans du régime paléo, qui fait la part belle aux viandes maigres, s’étaient trompés sur toute la ligne ? D'après les conclusions de chercheurs israéliens, relayées dans une étude à paraître la semaine prochaine dans la revue scientifique Proceedings of the National Academy of Sciences, nos ancêtres chasseurs-cueilleurs dévoraient peu de viande mais beaucoup de plantes issues d'une myriade de variétés différentes.

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Lors de fouilles archéologiques réalisées sur le site de Gesher Benot Ya’aqov, situé au nord de la vallée du Jourdain, plusieurs traces d’herbes et fruits comestibles ont ainsi été retrouvées, explique le Jerusalem Post. Des restes botaniques datant d’il y a 750 000 ans constituent bien la preuve, d’après les chercheurs, qu’au sein des sociétés paléolithiques, les repas étaient beaucoup plus équilibrés qu’on ne le croit.

"Le régime alimentaire des humains d'aujourd’hui est beaucoup plus restreint que celui des premiers chasseurs-cueilleurs", affirme Naama Goren-Inbar, qui a mené l’étude. Et pour cause : les recherches sont parvenues à identifier 55 espèces différentes de végétaux, parmi lesquelles figurent des fruits, noix, graines, feuilles, tiges, racines et tubercules. Sur toutes les espèces identifiées, dix ont disparu aujourd’hui.

Un menu végétarien ?

Quid du mythique gibier et de la sacro-sainte chasse ? Nos ancêtres consommaient bien de la viande – des traces de cervelle d’éléphant ont été retrouvées sur le site –  mais en faible quantité au regard de la diversité des plantes comestibles dont ils disposaient.

"Nos ancêtres consommaient bien de la viande mais en faible quantité"

 L’importance de la viande dans le régime alimentaire préhistorique avait jusqu’alors été surestimée par les archéologues, pour la simple et bonne raison que les squelettes d’animaux sont mieux préservés que n’importe quel reste de plante. À l'intérieur du site de Gesher Benot Ya’aqov, les restes botaniques ont ainsi pu être conservés pendant des centaines de milliers d’années grâce à un environnement particulièrement humide.  

"Il est peu vraisemblable que les hommes de l’époque aient pu survivre en suivant un menu végétarien strict, mais seule une petite portion de protéines et de graisses animales étaient nécessaires pour compléter leur régime majoritairement composé de plantes", affirme Amanda Henry au New Scientist.

Voilà peut-être de quoi nuancer l'avis des carnivores purs et durs.

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