La mairie du XIIIe arrondissement va renommer une des quatre rues autour de la future Halle Freyssinet "rue Steve Jobs". Un choix un peu polémique contre lequel une partie de la classe politique s'est dressée.

Mise à jour du 14 décembre : Le Conseil de Paris a effectué un nouveau vote concernant la dénomination des rues autour de la Halle Freyssinet, et le couperet est tombé : il n'y aura pas de rue Steve Jobs autour du futur incubateur de start-up. Comme l'explique à l'AFP Bruno Julliard, premier adjoint de la maire de Paris Anne Hidalgo, le nom "ne fait pas l'unanimité" et n'a donc pas été proposé "au nom d'une tradition de compromis".

À la place, trois nouveaux noms ont été choisi : Ada Lovelace, la programmeuse Betty Holberton, et la chercheuse en informatique Karen Sparck Jones. La demande de parité dans les noms de rues de la capitale aura donc été entendue.

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Des livres sur Steve Jobs, OK. Un film sur Steve Jobs, OK. Mais une rue Steve Jobs ?

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C'est la proposition qu'a faite Jérôme Coumet, maire socialiste du XIIIe arrondissement de Paris. En janvier 2017 réouvrira la Halle Freyssinet, transformée en gigantesque incubateur qui accueillera un millier de start-up. À cette occasion, les quatre rues entourant la Halle seront renommées du nom de personnes emblématiques du monde de la tech, de l'informatique et de l'innovation, comme le raconte Le Parisien.

Il y aura donc la rue Alan Turing, la rue Eugène Freyssinet (normal), la rue Grace Murray Hoper... et la rue Steve Jobs.

'L"héritage de Steve Jobs, c'est aussi l'optimisation fiscale illégale"

L'initiative du maire a été votée avec succès... grâce aux élus de droite. En effet, écologistes et communistes se sont opposés à la nouvelle désignation des rues. En cause : le symbole et l'héritage polémique de Steve Jobs.

"Son héritage, ce sont tout d'abord les conditions de travail dans les usines sous-traitantes. Les sous-traitants d’Apple en Chine sont connus pour abuser de salaires insuffisants et d’heures supplémentaires forcées", détaille le groupe communiste Front de Gauche sur son site. "Mais l’héritage de Steve Jobs est aussi dans les pratiques d’optimisation fiscale illégale massives. (...) Ce sont près de 13 milliards qu’Apple doit payer aujourd’hui pour compenser le taux d’imposition scandaleux de 0,005% en Irlande."

Des femmes dans la rue

L'autre raison avancée par les élus opposés à la rue Steve Jobs, c'est la volonté de voir plus de noms de femmes orner les rues de Paris.

"Trop longtemps, les femmes ont été les grandes oubliées de l’Histoire", rappelle les élus de gauche. "Cette injustice doit et peut être réparée en leur donnant désormais la priorité dans les nouvelles dénominations". Ils proposent donc de remplacer Steve Jobs, à l'héritage contestable, par Ada Lovelace.

Ada Lovelace, pionnière de l'informatique au XIXe siècle, est la première à avoir écrit un algorithme qu'une machine pouvait exécuter. Le premier logiciel, en fait. Un langage de code informatique a même été nommé Ada en son honneur.

En attendant, il n'y a pas que les élus communistes et écologistes du XIIIe arrondissement qui sont déçus par les nouveaux noms de rue. Les internautes aussi trouvent étrange de nommer une artère parisienne rue Steve Jobs.

Dans quelques mois, on trouvera peut-être normal de dire "Un petit verre demain ? 17 h ça te va ? RDV rue Steve Jobs, je connais un super bistrot là-bas."

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