Les murs de la petite maison sur la plage de la NASA auront résisté à près de 50 ans d'"au revoir" déchirants entre les astronautes sur le départ et leurs familles. Mais l'ouragan Matthew, lui, aura eu raison d'eux.

Des maisons, l’ouragan Matthew en a détruit un paquet sur son passage. Mais la petite baraque en lambris jaune de la plage de Cape Canaveral, en Floride, cachait sous son toit en aluminium désormais arraché quelque chose de bien singulier.

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C’est en son sein que depuis plus de 50 ans, les astronautes de la NASA se retirent pour étreindre une dernière fois femmes, enfants, parents et amis, avant de prendre le chemin de l’espace, potentiellement sans retour.

Alors que l’ouragan Matthew – qui a ravagé la côte Est américaine et Haïti, et fait plus de 1 000 morts – a globalement épargné les infrastructures de la NASA, la petite maison sur la plage a, elle, subi de plein fouet la tempête le 7 octobre dernier. Toit arraché, vitres brisées, terrasse morcelée, les dégâts causés à la demeure historique sont nombreux.

Un havre de paix avant le grand saut

À quelques kilomètres seulement de la base de lancement du Centre spatial Kennedy, cette petite maison achetée par la NASA en 1963 pour 31 500 dollars a tout d'un petit havre de paix isolé du reste du monde. Derrière la terrasse qui s’avance au-dessus du sable immaculé, l’océan s'étend sur des kilomètres.

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Capture écran, Google Maps
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Rod Herrea, Flickr

C’est dans ce cadre idyllique que la plupart des astronautes américains ont eu leurs dernières pensées de Terrien et ont pu partager un ultime repas avec leurs proches avant d’embarquer pour le grand voyage.

Parmi eux, l’ancien astronaute américain Mike Mullane se souvient, dans un article de la NASA de 2010, de l’ambiance si particulière qui régnait dans la vieille demeure avant son départ : "Avant la première mission, je me souviens de m'être assis là-bas, en regardant le ciel. Je me suis dit : 'C’est toi le prochain ! C’est toi le prochain ! Je vais aller dans l’espace !', et j’étais complètement bouleversé." 

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Rod Herrea, Flickr
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Rod Herrea, Flickr
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Rod Herrea, Flickr

"Je m’imaginais l’histoire de ces gens qui avaient marché dans cette maison, marché sur cette plage, là devant, et qui avaient dit au revoir à leur épouses dans l’ombre de la fusée dans laquelle ils embarqueraient le lendemain", poursuit l'astronaute. "Je me suis senti bouleversé par cette réalité. Par le fait que j’en faisais désormais partie : je marchais sur la plage et disais au revoir dans l’ombre de la fusée dans laquelle j’allais m’envoler, le lendemain."

Le coût de réparation des dégâts n’a pas encore été chiffré, nous apprend le journal scientifique Seeker, mais une chose est sûre : la maison devra attendre un peu avant d’accueillir de nouveaux astronautes dans son salon vintage aux vitrines remplies de bouteilles de champagne dédicacées par ses célèbres visiteurs. 

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