Une étude menée par l'université de Californie à Irvine prouve que les astronautes qui participeront à l'exploration martienne pourraient bien y laisser leur santé.

Mauvaise, très mauvaise nouvelle pour ceux qui comptaient bien s’offrir un nouveau départ sur Mars dans les prochaines décennies. Et pour les astronautes que Barack Obama compte bien y envoyer d'ici 2030.

VOIR AUSSI : Le plan d'Elon Musk pour conquérir Mars en 5 points

Une récente étude menée par l’université de Californie à Irvine démontre en effet qu’un séjour sur la Planète rouge pourrait avoir de lourdes conséquences sur le cerveau humain. Des effets sur la mémoire, mais aussi sur l’anxiété, décuplée par le rayonnement cosmique, auraient été constatés après des expérimentations sur des souris soumises à une simulation de voyage vers Mars (tant dans le rayonnement que dans la durée).

Une seconde étude tend également à prouver que ces mêmes séquelles au cerveau seraient permanentes et irréversibles. "Les données récoltées constituent là une preuve supplémentaire que les voyages lointains dans l’espace constituent une menace réelle et unique à l’intégrité de nos circuits neuronaux", affirme le chercheur Charles Limoni dans un rapport publié dans la revue Nature.

Des répercussions déjà constatées après les missions lunaires

Sur Terre, ces particules radioactives ionisantes sont déviées par la magnétosphère, qui constitue une sorte d’enveloppe protectrice. De même, la Station spatiale internationale dispose d’un bouclier inspiré de cette magnétosphère. Il a toutefois été démontré il y a quelques semaines que les astronautes partis en mission sur la Lune – et notamment les membres du programme Apollo – avaient été exposés à ce type de radiations, entraînant dans leur cas de graves séquelles cardiaques.

Dans une étude publiée en juillet dernier, des chercheurs de l’université de Floride révélaient que le nombre de décès chez les astronautes partis en mission lunaire était cinq fois supérieur à celui constaté chez les astronautes qui n’avaient participé qu’à des missions au sol.

BuzzAldrinmoon.jpg
Buzz Aldrin photographié sur la Lune lors de la mission Apollo 11, le 21 juillet 1969.
NASA

Mais après un séjour sur Mars, les conséquences sur le corps pourraient être plus lourdes encore qu’après une visite sur notre satellite naturel, séquelles neurologiques et cancers compris : "L'exposition à ces particules peut conduire à une gamme de potentielles complications du système nerveux central. Celles-ci peuvent se produire pendant et persister longtemps après un voyage dans l'espace."

"Bon nombre de ces conséquences néfastes sur la cognition peuvent progresser toute la vie"

"[On a constaté] diverses baisses de la performance, des troubles de la mémoire, une anxiété décuplée, des symptômes de dépression et des facultés affaiblies dans la prise de décision. Bon nombre de ces conséquences néfastes sur la cognition peuvent progresser toute la vie", rapporte l'article de l'université de Californie.

Mission : trouver des solutions

De son côté, la NASA, qui prévoit de conquérir Mars d'ici 2030, travaille activement à trouver une solution au problème, notamment d'un point de vue matériel : "Il y a deux façons de se protéger de ces particules et de leur rayonnement secondaire : utiliser une masse beaucoup plus importante de matériaux pour les engins spatiaux traditionnels, ou utiliser des matériaux de protection plus efficaces", a déclaré l'Agence spatiale américaine l'an dernier sur son site Web. "Le volume de matériaux entourant une structure absorberait les particules énergétiques et leur rayonnement de particules secondaires avant qu'ils ne puissent atteindre les astronautes." 

Les candidats au voyage martien devront donc prendre en compte cette donnée : ils ne sont pas encore prêts de se voir équipés de super-combinaisons, puisqu'un gros travail doit être encore fait rien que sur les habitacles.

Quelque chose à ajouter ? Dites-le en commentaire.