Voilà cinq jours que le Français Alexandre Mangeot a rejoint "Mars". Pendant 160 jours, il va diriger une mission de simulation sur la planète rouge, depuis le désert de l'Utah aux États-Unis, pour le compte de la Mars Society.

Quand on lui demande ce qui lui manque déjà après cinq jours passés "sur Mars", Alexandre Mangeot répond sans hésiter : "Ma fiancé, ma famille et mes amis. Ils me semblent très loin, malgré les contacts réguliers par mail".

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Quelques mails et une vue sur le sol rougeâtre du désert à travers un hublot, voilà les seuls contacts terrestres auxquels aura droit cet ingénieur français d’une trentaine d’années pendant les 160 prochains jours.

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Mars society

Avec huit autres membres d’équipage venus du Japon, du Canada, de Russie, d'Australie, d'Inde ou des États-Unis, il vient d’embarquer pour une mission de simulation d’exploration sur Mars organisée par la Mars Society, l’organisation des pionniers de l'exploration martienne fondée en 1998 par l’américain Robert Zubrin.

En plein milieu du désert de l’Utah, aux États-Unis, Alexandre Mangeot et son équipage feront des expériences scientifiques et vivront en autarcie dans la station MDRS pendant 80 jours avant de rejoindre une autre base, la FMARS, dans le nord du Canada, pour poursuivre le reste de leur mission. 

Être commandant sur Mars 

"La première semaine était dédiée au nettoyage et à la réparation de la base qui n’a pas servie depuis mai 2016", explique Alexandre Mangeot à Mashable FR. "Depuis le 30 septembre nous sommes enfin en simulation."

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Dans le petit habitacle construit en plein milieu du désert, chacun a sa propre chambre. Dans celle d’Alexandre Migeot, la décoration reste encore sommaire : des câbles, un ordinateur et un petit Raspberry Pi occupent les lieux. "Ma chambre pour l'instant, j'essaie de la maintenir en ordre. Ma seule décoration est la carte de bon voyage que ma fiancée m'a offert avant de partir", confie Alexandre. 

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"Mes coéquipiers sont géniaux. Nous vivons tous en harmonie"

Après seulement quelques jours de mission, le Français se sent déjà un peu chez lui : "Mes coéquipiers sont géniaux. Nous vivons tous en harmonie. J'aime à 'compter' le nombre de fois où nous rions ensemble comme étant une mesure de la bonne santé de notre groupe".

L’équipage de "Mars 160" est un groupe de vétérans : tous ont déjà participé à au moins une mission de simulation sur Mars. Des personnes "très compétentes et sociables" qui ont de quoi rassurer Alexandre Mangeot, désigné comme commandant du groupe pour les prochains mois. "Je suis confiant. C'est ma première mission de cette envergure, et en être le commandant est évidemment une lourde responsabilité que je prends très au sérieux. J'espère en être digne..."

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Un "vétéran" de Mars

Au menu des prochains jours : nourriture déshydratée, dernières retouches de peintures et surtout mise au point des combinaisons qui permettront à l’équipage de sortir de leur habitat. "Nos combinaisons spatiales ne sont pas encore opérationnelles mais je connais déjà la sensation d’ouvrir le sas sur un paysage martien", confie Alexandre Mangeot.

"Je connais déjà la sensation d’ouvrir le sas sur un paysage martien"

Car si "Mars 160" est sa première mission "longue durée" sur (presque) Mars, Alexandre Mangeot n’en est pas à sa première expérience martienne. Il a déjà passé deux semaines en mission de simulation en 2012 et en 2014.

"Mars 160" sera l’expérience la plus longue menée par la Mars Society, après la mission étalée entre 2010 et 2011 durant laquelle six scientifiques avaient passé 520 jours isolés du reste du monde dans la station de recherche de l’Utah.

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Elle aura pour principal objectif de simuler des opérations sur le terrain en combinaisons et de comparer deux environnements : le premier désertique, dans l’Utah, et le second glacial, au Canada.

Pour suivre les aventures d’Alexandre et de ses coéquipiers et apprendre des recettes de pancakes déshydratés en cas de week-end impromptu sur Mars, rendez-vous sur le blog de la mission "Mars 160".

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