D'après les ONG, c'est à la prochaine Cites que se déciderait notamment le sort de l’éléphant, du rhinocéros et du pangolin. Les pays de cette Convention sur le commerce des animaux se rencontrent à partir de samedi à Johannesburg.

Vous n’en avez probablement jamais entendu parler. Pourtant la Cites, cette convention internationale qui commence samedi à Johannesburg, en Afrique du sud, est de la plus grande importance. Ce n'est pas nous qui le disons mais les associations internationales de protection de la nature, et David Shiffman, doctorant de l'Université de Miami, dans un article du Washington Post

VOIR AUSSI : Mais pourquoi les Japonais s’évertuent-ils à chasser la baleine ?

Une convention qui réunit 182 pays

La Cites, petit nom de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction, a lieu tous les trois ans depuis le début des années 70. L’idée est de protéger les espèces que le commerce met en danger d’extinction. Ce week-end commence donc la 17ème Conférence des "parties" (les 182 pays) de la Convention, abrégée en CoP17. On peut suivre et commenter les négociations sous le hashtag #CoP17.

Le rhinocéros, l'éléphant et le pangolin au centre des discussions

La Cites traite d’environ 35 000 espèces de plantes ou d’animaux. Cette année, les propositions concernent 500 espèces, mais l’attention se porte sur trois animaux à la fois emblématiques et menacés par le commerce illégal : les rhinocéros, les éléphants et les pangolins.

Teresa Telecky, de la Humane Society International, interrogée par Romandie affirme que soit les 182 pays de la Cites "s'entendent pour les protéger au maximum", soit "ils risquent de disparaître".

Ainsi le pangolin, qu’on connait surtout via son pokémon Sabelette, est le mammifère le plus touché par le commerce illégal dans le monde. Et est au bord de l’extinction.

Des restrictions ou interdictions contraignantes...

Pendant les longues négociations (12 jours c'est pas rien), les propositions des parties sont adoptées ou écartées. Elles peuvent durcir ou assouplir les restrictions commerciales actuelles. La Cites met à jour ses deux listes d'expèces : les espèces protégées par une interdiction totale de leur commerce international et celles dont le commerce est autorisé s'il ne les menace pas d'extinction. Dans tous les cas, tuer et vendre ces espèces à l'intérieur de chaque pays reste autorisé.

gettyimages-453320538.jpg
Des bébés éléphant au Kenya.
Wolfgang Kaehler

Sur le papier, la Cites est contraignante. Mais elle ne tient pas lieu de loi nationale. Chaque pays doit traduire dans sa loi les restrictions de la Cites, et s’assurer qu’elles soient respectées concrètement. Si les états ne s’y conforment pas, des sanction peuvent être décidées. Notamment des sanctions commerciales et des embargos.

Aussi, un pays peut émettre une "réserve" sur une des restrictions, pour décider de ne pas s’y conformer. Oui, juste comme ça. Par exemple, le Japon, l'Islande et la Norvège ne tiennent pas compte des restrictions sur les dauphins. La liste des réserves est disponible en ligne.

... mais pas assez pour sauver les pangolins

C’est un peu le problème. En réalité, le commerce des cornes de rhinocéros et d’ivoire d’éléphant est illégal depuis plusieurs décennies. Mais ces interdictions restent lettre morte.

VOIR AUSSI : La France durcit un peu plus sa loi contre le commerce d'ivoire et de corne de rhinocéros

Le braconnage se porte bien, voire de mieux en mieux. Selon WWF, 30 000 éléphants d’Afrique sont encore tués chaque année sur le continent pour leur ivoire et trois rhinocéros meurent chaque jour braconnés pour leurs cornes. La médecine ancestrale asiatique accorde à la corne de rhinocéros des vertus aphrodisiaques voire médicales, et la demande a explosé au Vietnam. L’Asie du Sud-Est en général est friande de ce genre de denrées.

Les associations proposent d’ailleurs de mettre la pression sur ces pays.

"Le commerce illégal d’espèces sauvages représente plusieurs milliards de dollars et le 4ème plus grand trafic derrière les trafics de drogue, de contrefaçon et d’êtres humains. Face à ce constat et au déclin dramatique de nombreuses espèces, la priorité de la Cites pour cette 17ème conférence doit être de veiller à ce que les pays, souvent défaillants, tiennent leurs engagements en matière de lutte contre le braconnage et le commerce illégal. Il en va de la crédibilité de l’ensemble du dispositif", explique Pascal Canfin, de WWF France, dans un communiqué.

gettyimages-497465308.jpg
En Chine, la police a intercepté une cargaison illégale de pangolins.
VCG/Getty images

D’un autre côté, certains pays proposent de légaliser le commerce d’ivoire pour… financer la conservation de l’espèce, qui coûte cher. Mais les associations sont vent debout contre la proposition. Bref, les discussions promettent d'être houleuses. 

En résumé pour les paresseux :

La Cites, Convention internationale qui se réunit lors d'une conférence à Johannesburg à partir de samedi doit examiner les propositions des pays pour assouplir ou restreindre le commerce international de 500 espèces menacées. Mais on y discutera surtout de comment faire respecter les conférences précédentes et ainsi sauver les espèces menacées par le braconnage, notamment les pangolins, rhinocéros et éléphants, mais aussi les lions ou les grands singes. 

bebe-paresseux.jpg
Un paresseux du Brésil.
Hoberman Collection/Getty images

Quelque chose à ajouter ? Dites-le en commentaire.