Dix gigantesques sphères en pierre viennent d'être découvertes en Sibérie. Alors forcément on s'interroge : aliens ? œufs de dinosaures ? déco préhistorique ? Pourtant, ce n'est pas la première fois qu'on trouve des boules en pierre orphelines.

À 30 mètres sous la terre, dans une mine de charbon de la région de Krasnoïarsk, en Sibérie, une dizaine de sphères rondes et lisses d’un peu plus d’un mètre de diamètre se la coulaient douce depuis un petit moment.

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Remontées à la surface par des ouvriers, elles sont maintenant exposées à l’air libre et rebaptisées "perles de Jurassic". En plus d’être spectaculairement grosses et rondes, ces sphères ont aussi la particularité de changer de couleur quand il pleut. Mystère, mystère. 

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Nazarovo TV
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Nazarovo TV

Si on a rapidement fait d’elles des œufs de dinosaures, des vestiges d’une ancienne civilisation, ou encore des restes d’aliens, ces belles boules ne sont pourtant que le fruit d’un processus géologique bien connu des scientifiques : la concrétion.

Interrogée par le Siberian Times, l’experte Olga Yakunina, du musée de géologie de la Sibérie centrale, a expliqué le dit phénomène : “Ces boules se forment de la même manière que les perles, quand un grain de sable s’introduit dans le coquillage et que le mollusque le rejette. L’eau qui circule entre des roches sédimentaires laisse derrière elle des minéraux qui colmatent du sable, de la boue ou d’autres particules. Ces formations sont très rares.” 

Rares, et pourtant ce n’est pas la première fois que de grosses boules pointent leur nez à la surface de la Terre. Et à chaque fois, on se demande à qui elles peuvent bien appartenir – géant de pierre mystérieux on t'a à l'œil. 

Les boules de Diquis

C’est au Costa Rica, dans les années 1930, que les premières histoires de boules perdues voient le jour. Plus de 300 sphères de tailles différentes – dont la plus grosse mesurerait 2,15 mètres de diamètre et pèserait 16 tonnes – trouvées dans la forêt de la vallée de Diquis, se sont ainsi retrouvées dans les jardins de riches propriétaires de la région pour décorer pelouses et jardins.

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Pierres rondes dans la région de Boruca, au Costa Rica, 1948.
Smithsonian Institution. Bureau of American Ethnology, WikiCommons

Mais rapidement, des rumeurs font courir le bruit que les mystérieuses boules renfermeraient de l’or, suscitant convoitises et destructions, avant qu’on ne se rende rapidement compte que les sphères n’avaient finalement qu’un cœur de pierre.

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Deux pierres rondes pré-colombiennes exposées dans un petit parc adjacent à l'aéroport de Palmar Sur, Costa Rica.
Matthewobrien, WikiCommons

Si la plupart des scientifiques attribuent la création de ces sphères à des civilisations indigènes vieilles de plus de 2 000 ans, ils ne s’accordent toujours pas sur l’usage qui leur était réservé. Décoration ? Bornes géographiques ? Instrument astronomique ? Les boules gardent le silence.

L’Indiana Jones bosniaque

En avril dernier, l’archéologue Semir Osmanagich, baptisé "l’Indiana Jones bosniaque", avait mis la main sur une gigantesque boule de trois mètres de large dans la forêt de Visoko en Bosnie-Herzégovine.

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Présentée comme une mystérieuse sphère ayant appartenue à une civilisation perdue ou à des aliens, la bouboule serait en réalité également issue du phénomène géologique de solidification.

Les boules de Moeraki en Nouvelle-Zélande

Coincées au milieu d’une plage sur la côte est de l’île du sud de la Nouvelle-Zélande, les sphères de Moeraki sont, vraiment, au bout du monde. Dans la mythologie maorie, elles seraient les restes de paniers et de calebasses transportés par le bateau Arai-te-uru, une pirogue géante qui aurait fait naufrage sur les côtés néo-zélandaises il y a plus de 1 000 ans.

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Ross Huggett, Flickr
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Ian Cochrane, Flickr

Jolie histoire mais malheureusement pour les Maoris, les pierres de la plage de Koekohe ne sont pas les Tupperwares d’antan, mais le résultat d’une solidification calcaire formée il y a des millions d’années et entretenue par l’érosion.

Du parc national de Theodore Roosevelt, dans le nord du Dakota, aux "Pedras bolas" au Mexique, de nombreuses autres sphères minérales peuplent déjà les flancs de montagne et les plaines du monde. Alors la prochaine fois qu'on trouve une grosse boule en pierre, on réfléchit à deux fois avant d'accuser les aliens. 

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