Alors que la sonde de la Nasa survolera la plus grande planète de notre système solaire dans quelques jours, l'agence spatiale américaine a publié jeudi 30 juin, les sons issus des premiers enregistrements du périple de Juno vers Jupiter.

Jupiter est peut-être la planète la plus effrayante.

La plus grande planète de notre système solaire tourne sur elle-même tellement vite qu'elle largue, à chaque rotation, des particules, des roches, de la glace et de la poussière. Et c'est sans compter ses ceintures de radiations qui rendent dangereuses et périlleuses toutes expériementations près de son périmètre.

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C'est pourtant autour de cet environnement hostile que la sonde Juno de la Nasa voyage actuellement pour tenter d'en apprendre plus sur les mystères de Jupiter qu'elle survolera le 4 juillet.

La Nasa a étudié les données collectées par Juno à 5,56 millions de miles de Jupiter pour créer des fichiers sonores permettant d'entendre le moment pile où la sonde passe dans la magnétosphère de la planète, qui démarque et protège la planète du vent solaire.

Ces bruits angoissants ne sont pas forcément ceux qu'on entendrait si on passait dans la magnétosphère Jupiter, mais ils constituent la preuve que l'espace qui a l'air d'être silencieux déborde en fait d'informations.

"Nous pouvons écouter le bruit de l'espace lorsqu'on quitte le soleil pour entrer dans Jupiter", affirme dans une conférence de presse jeudi 30 juin, Scott Bolton, un des membres qui conduit la mission Juno.

Juno arrivera sur Jupiter le 4 juillet, une fois en orbite autour de la planète. La sonde a été conçue pour survoler les couches nuageuses de Jupiter à une distance de 5 000 kilomètres. Elle y enregistrera des données sur l'environnement interne qui dévoileront peut-être des secrets sur la manière dont des planètes de notre système solaire se sont formées il y a des milliards d'années.

Turbulences et variations de fréquences

Mais pour enregistrer les données plasmatiques – relative aux particules –, Juno n'a pas besoin d'être en orbite. Le 24 juin, la sonde avait traversé ce que les atronomes appellent l'"arc de choc" : la zone qui sépare la partie de l'espace dominée par le vent solaire, de celle dominée par l'envrironnement magnétique de Jupiter.

"L'arc de choc peut être vu comme un bang sonique", explique dans un communiqué de presse, William Kurt qui travaille sur les enregistrements de Juno. "Le vent solaire traverse toutes les planètes à une vitesse d'envrion 1,5 million de kilomètres par heure, et lorsqu'il rencontre un obstacle, cela crée des turbulences".

Et ce sont ces turbulences qu'on peut entendre dans l'enregistrement sonore : la fréquence haute du vent solaire diminue au fur et à mesure que la sonde Juno entre dans la magnétosphère de Jupiter. Ce changement de fréquence est causé par la densité des particules qui entourent l'environnement spatial de Jupiter.

Une fois en orbite, Juno fonctionnera pendant 20 mois avant de tristement succomber aux radiations de la cinquième planète de notre système solaire. On vous avait prévenu, Jupiter n'épargne personne.

– Adapté par Majda Abdellah. Retrouvez la version originale sur Mashable.

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