En Jordanie, certains réfugiés syriens peuvent maintenant payer leurs courses en un clignement des yeux dans une machine.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) de l’ONU, qui répond aux besoins en nourriture des populations réfugiées, a inauguré dans le camp King Abdullah Park en Jordanie, un nouveau système de scan de l’iris. La technologie permet d’identifier les réfugiés pour leur permettre de recevoir plus rapidement une aide alimentaire. L’ONU considère cette technologie comme "une avancée majeure" pour son programme d’aide alimentaire.

Bien qu’inédit pour ce genre d’utilisation, le système est déjà utilisé par l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) pour enregistrer l’identité des réfugiés. L'iris, unique, fait office d'empreinte digitale ajoutée à une base de donnée.

Les machines installées dans le camp King Abdullah Park utilisent les informations de la base de données déjà existante pour identifier les réfugiés et déduire la somme dûe de l'allocation mensuelle dont dispose chacun d'entre eux.

Cette technologie permet aux réfugiés de se procurer des denrées alimentaires beaucoup plus rapidement et d’éviter les problèmes de sécurité liés au paiement avec des cartes éléctroniques. Cartes qui peuvent être volées, perdues ou mal utilisées.

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World Food Programme
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"On tire profit d’une technologie qui existe déjà", confie Dina El-Kassaby, chargée de communication pour le PAM, à Mashable. "On l’applique simplement de façon locale aux petits magasins de l'ONU."

"Les réfugiés se déplacent constamment à travers différents pays (...) On savait que l'on pouvait aller plus loin."

Pour un réfugié, il suffit de se rendre dans un des magasins de l’ONU, de faire ses courses et de regarder une machine droit dans les yeux pour payer. Pas de carte, pas de cash, pas de bon d’échange et un vrai plus pour des populations amenées à se déplacer régulièrement

"Les réfugiés se déplacent constamment à travers différents pays", explique Dina El-Kassaby. "C’est parfois difficile pour eux de conserver un moyen de paiement physique comme des cartes, même si cette méthode est par ailleurs très efficace. On savait que l’on pouvait aller plus loin."

Au début de la crise des réfugiés, le PAM procurait uniquement une aide alimentaire sous forme de repas chauds distribués à certains postes de contrôle en Jordanie. Comme la crise a perduré et s’est intensifiée, le système s’est transformé pour permettre aux réfugiés de gagner en autonomie en utilisant une carte de paiement électronique qui peut être rechargée tous les mois grâce à une allocation fournie par l'ONU.

Même si cette méthode a été utilisée pendant plusieurs années pour subvenir aux besoins des réfugiés de façon durable, les cartes ne sont pas toujours très pratiques et posent des problèmes de sécurité.

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"Comme ça peut arriver à tout le monde, les réfugiés peuvent oublier leur code secret ou perdre leur carte, qu’ils sont d'ailleurs souvent obligés d'abandonner quand ils changent de pays. Cette technologie de scan de l’iris permet de mettre fin à tout ça", explique Dina El-Kassaby.

Plus de 650 000 réfugiés vivent en Jordanie, dont la plupart viennent de Syrie. Près de 20 % d’entre eux vivent dans des camps et sont ceux ayant le plus besoin d’assistance alimentaire.

Si le système n’est pour l’instant utilisé que dans le camp King Abdullah Park, où près de 1 000 réfugiés vivent, le PAM espère l'étendre au reste de la Jordanie, et à d’autres pays accueillant un grand nombre de réfugiés dans les mois qui viennent.

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Adapté par Chloé Rochereuil. Retrouvez la version originale sur Mashable

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