Un an après l'attentat qui a décimé la rédaction de Charlie Hebdo, le magazine a dévoilé la une de son édition spéciale du 6 janvier. Le dessin, un dieu barbu avec une kalachnikov sur le dos, a provoqué un tollé sur les réseaux sociaux.

Un dieu assassin : c’est ainsi que les médias ont décrit la une du numéro spécial de Charlie Hebdo, qui paraîtra mercredi 6 janvier, un an après l'attentat qui a fait 12 morts dans ses locaux le 7 janvier 2015. D’illustres dessinateurs du journal, comme Tignous, Charb ou encore Cabu, ont été assassinés ce jour-là.

L’illustration, dévoilée dans la nuit du 3 au 4 janvier sur Twitter, représente un dieu armé d’une kalachnikov, la tête auréolée d'un triangle et d'un œil en son centre, revêtu d'une tunique maculée de sang. La légende "Un an après, l'assassin court toujours" accompagne le dessin.

Cette nouvelle une, qui demeure fidèle à la ligne provocatrice de l'hebdomadaire, a provoqué son lot de réactions. Si une partie de la twittosphère en approuve le côté humoristique, ils sont nombreux à exprimer leur indignation.

 

 

Un dessin ambigu

De nombreux twittos déplorent l'ambigüité que cultive cette illustration. En effet, celle-ci empêche l’affiliation du dieu représenté à une quelconque religion, à cause des différents symboles contradictoires.

La barbe et les cheveux longs rappellent les représentations traditionnelles du dieu des chrétiens. La communauté des fidèles a d’ailleurs exprimé son agacement face à ce qu’ils considèrent comme une insulte.

 

 

D'autres critiquent un amalgame entre religion et fanatisme religieux. Ils soulignent que la kalachnikov fait écho aux attentats du 7 janvier, perpétrés par des terroristes se revendiquant de l’islam, ce qui alimente la confusion entre musulmans et terroristes jihadistes. D'autre part, l’œil, et le triangle qui l’entoure, situés au-dessus de la tête, sont interprétés comme des symboles de la franc-maçonnerie.

Une représentation classique chez Charlie Hebdo

Certains internautes ont, en revanche, soutenu une autre interprétation de la future une du magazine satirique. Selon eux, ce dieu représente toutes les religions et leurs travers. Une théorie en phase avec la ligne anti-cléricale et profondément athée du magazine depuis sa création.

 

 

Plusieurs ont rappelé, anciennes unes à l'appui, que c’est ainsi que les dessinateurs et caricaturistes de Charlie Hebdo ont l’habitude de représenter dieu, afin de viser indifféremment toutes les religions monothéistes.

 

 

Enfin, comme pour toutes les polémiques qui naissent sur Twitter, la nouvelle une de l’hebdomadaire satirique a provoqué son lot de messages humoristiques, ironisant sur la qualité du dessin ou l’identité du personnage représenté.