Le réseau social compte invisibiliser le plus possible les propos de ses détracteurs, afin de proposer à ses utilisateurs la meilleure expérience possible.

En février dernier, les résultats d'un sondage alarmant faisaient état du fort impact des réseaux sociaux sur la santé mentale des jeunes. Jack Dorsey, le PDG de Twitter, avait assuré quelques jours plus tard sur son compte que la plateforme souhaitait tendre vers plus d'échanges "courtois et sains" entre ses utilisateurs.  

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Pour ce faire, Twitter a mis en place de nouvelles mesures, évoquées dans un communiqué publié mardi 15 mai sur le site du réseau social. Et elles sont cette fois-ci directement dirigées à l'encontre des trolls, qui "déforment et nuisent aux conversations" sur le réseau social. Ainsi, les commentaires de ces derniers seront moins facilement visibles puisqu'il faudra cliquer sur un bouton "Afficher plus de réponses" – ou paramétrer au préalable son compte pour "tout voir" lors de recherches – pour pouvoir les lire.

Algorithmes et modérateurs mobilisés

Comment détecter ces utilisateurs malveillants ? Le réseau social se basera sur plusieurs facteurs : si un compte n'a pas confirmé son adresse e-mail, si une personne a créé plusieurs comptes en même temps, ou s'amuse à tweeter plusieurs fois en mentionnant par exemple des personnes qui ne la suivent pas, le profil pourra être considéré comme "troll" et ses propos seront donc invisibilisés de la plateforme. Pour analyser ces comportements, Twitter mise sur des algorithmes, mais aussi des moyens humains, c'est à dire ses modérateurs ainsi que les signalements des utilisateurs. 

"Nous ferons bientôt un Periscope à ce sujet. Notre but ultime est d'encourager l'ouverture et la liberté des conversations. Pour cela, nous devons réduire les possibilités de jouer avec nos systèmes pour les biaiser. Analyser les comportements, et non les contenus, est la meilleure manière d'y parvenir."

Des résultats probants

Twitter précise que des tests conluants ont déjà été menés à travers le monde et que "les signalements pour abus suite à une recherche ont baissé de 4 %, et ceux pour les abus lors de conversations de 8 %". Ces chiffres montrent donc que l'expérience utilisateur sur Twitter est moins perturbée par lesdits trolls, mais les responsables du réseau social reconnaissent qu'il ne s'agit que d'un "petit pas, comparé au long chemin qu'il reste à faire pour améliorer l'état général de la plateforme".

Ils admettent aussi que des "faux-positifs" feront certainement partie du processus. Twitter préfère donc se montrer prévenant alors que la plateforme a déjà été accusée de "censure". En novembre dernier par exemple, le réseau social bannissait le mot "bisexuel" de ses recherches, considéré par mégarde comme un "contenu choquant".

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