Entre l'audition du PDG de Facebook devant les sénateurs américains et la future entrée en application d'un règlement européen encadrant la collecte des informations en ligne, l'heure est plus que jamais à la protection des données personnelles.

Drôle de coïncidence dans l'agenda mondial. Alors que le 25 mai prochain entre en vigueur en Europe le RGPD, nouveau cadre légal relatif à la protection des données personnelles, Mark Zuckerberg était entendu ce mardi par le Congrès des États-Unis suite à l’affaire Cambridge Analytica.

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Un océan sépare géographiquement ces deux événements. D'un côté, le père de Facebook a dû s'expliquer sur le siphonnage des données de dizaines de millions d'utilisateurs (dont 211 000 Françaises et Français) par la société privée britannique. De l'autre, l'avènement futur d'un possible "standard mondial" comme le souhaite la présidente de la Cnil Isabelle Falque-Pierrotin, qui remettait le même jour le rapport d'activité 2017 de l'autorité de régulation.

Alors que le PDG de Facebook fait actuellement face à de lourds défis d'amélioration du respect de la vie privée, de nombreuses associations américaines demandent aux géants de la Silicon Valley d'appliquer le règlement européen à venir. "Nous aimerions que Facebook, Google et consorts adoptent immédiatement aux États-Unis et dans le monde entier les nouvelles protections mises en œuvre en Europe", a par exemple fait savoir Jeffrey Chester, directeur exécutif du Centre pour la démocratie numérique, dans une lettre ouverte mise en ligne il y a deux jours.

L'esprit du RGPD

Pour Mark Zuckerberg qui répondait il y a une semaine aux questions de Reuters, il n'est absolument pas prévu que Facebook rejoigne le train du RGPD. Devant la presse, le fondateur du réseau social a qualifié le nouveau règlement européen à venir de "très positif" mais a également estimé que les améliorations de la vie privée seront "adaptées aux règles de chaque région", laissant entendre que l'état d'esprit du RGPD pourrait être mondial.

De son côté, la présidente de la Cnil Isabelle Falque-Pierrotin a estimé que l'affaire Cambridge Analytica avait le mérite de "conforter" l'utilité d'un nouveau cadre légal tel que le RGPD. Ce règlement qui offrira aux internautes le droit de consentir ou non au stockage de leurs données est "une grande opportunité pour l'Europe", a avancé celle qui est aussi la présidente du G29, le groupement des Cnil mondiales. "À condition d'être à la hauteur de l'ambition", a-t-elle poursuivi, en précisant que le bon fonctionnement du RGPD pourrait créer un précédent et ainsi devenir une référence mondiale. 

En remplaçant la directive sur la protection des données personnelles adoptée en 1995, le RGPD vise à uniformiser les lois sur la protection des données au sein de l'Union européenne, et donc à devenir le règlement général le plus ambitieux sur la question. Pendant qu'outre-Atlantique l'opinion publique s'émeut des enjeux de vie privée numérique avec le scandale Cambridge Analytica et qu'en Europe, les acteurs publics et privés se mettent au diapason de la nouvelle règlementation, l'idée que la protection des données personnelles est un droit des individus fait son chemin.

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