Un mois après son lancement, l'application Messenger Kids connaît des débuts très controversés, notamment suite aux critiques émises par plusieurs responsables de l'enfance.

Messenger Kids, un service de messagerie instantanée fonctionnant sur le même modèle que Messenger classique, mais destiné à un jeune public âgé de 6 à 12 ans. Quand Facebook dévoilait en décembre dernier ce nouveau projet pour inciter les plus jeunes à ne pas déserter sa plateforme, il vantait auprès des parents la possibilité de garder un œil sur les fonctions utilisées par leurs progénitures. 

Disponible en phase de test exclusivement aux États-Unis pour l'instant, l'application était supposée voir le jour dans d'autres pays d'ici quelques mois. Mais outre-Atlantique, Messenger Kids n'a pas convaincu tout le monde puisque des voix s'élèvent pour critiquer une telle plateforme.

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Dans une longue lettre ouverte publiée le mardi 30 janvier, l'organisation américaine Campaign for a Commercial-Free Childhood (CCFC) s'adresse directement à Mark Zuckerberg et lui demande de supprimer Messenger Kids, invoquant le fait que "de nombreuses recherches montrent que l'usage excessif des réseaux sociaux et des appareils électroniques sont néfastes pour le développement des enfants et des adolescents".

Un lien entre réseaux sociaux et dépression juvénile

Signée par plus d'une centaine de docteurs, éducateurs et experts de l'enfance, la lettre explique en plusieurs pages comment cette application pourrait nuire au bon développement social des enfants. Selon la CCFC, les jeunes utilisateurs "ne sont pas assez matures pour comprendre la complexité des relations en ligne", et "n'ont pas développé une véritable compréhension de la vie privée, de ce qu'il est approprié de partager avec autrui et de la taille de l'audience ayant accès à leurs conversations, vidéos et photos".

Plusieurs chiffres sont également mis en avant pour expliciter l'impact des réseaux sociaux sur la santé mentale des enfants, et en particulier "leur lien avec les taux élevés de dépression juvénile". On apprend notamment que les jeunes utilisateurs passant entre 6 et 9 heures par semaine sur ces sites auraient 47 % de chances d'être plus malheureux que leurs pairs qui en seraient préservés.

Lors du lancement de Messenger Kids en décembre dernier, Facebook avait bien précisé que l'application serait proposée sans publicité, bénéficierait d'un contrôle parental strict et que les données collectées ne seraient pas utilisées dans un but commercial. Malgré ces promesses, Facebook n'avait pas fait l'unanimité et le Secrétaire d'État à la Santé anglais Jeremy Hunt avait même demandé au réseau social de "se tenir éloigné de ses enfants"

Début janvier, Apple avait connu le même genre de polémique après que deux de ses actionnaires ont dénoncé le danger des smartphones sur les enfants, et la marque à la pomme avait rapidement répondu aux accusations. Contacté par Mashable FR, un représentant de Messenger a rappelé que l'application Messenger Kids "permettait aux enfants de rester en contact avec leurs proches de manière simple et sécurisée", et qu'elle était "développée avec l'aide d'experts du développement et d'associations de parents". 

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