Après une nouvelle frasque du président des États-Unis sur Twitter, la mobilisation pour son éviction du réseau social ne fait que croître. Mais est-ce seulement possible ?

Sur Twitter, il est désormais de notoriété publique que le président des États-Unis poste des contenus sans aucun filtre. Approximations, menaces et boulettes, Donald Trump n’a jamais cessé de twitter comme il le faisait avant d’être élu, c'est-à-dire de manière intempestive, incontrôlée et spontanée.

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Dernière frasque en date : le président a twitté, mercredi 3 janvier, qu’il possédait un "plus gros bouton nucléaire" que celui de Kim Jong-un, le dictateur de la Corée du Nord. Les deux hommes ne cessent de s'haranguer par médias interposés et Donald Trump insulte sans vergogne son homologue, comme lorsqu'il l'avait traité de "petit et gros".

En réaction à ce nouveau clash – où le président américain "joue" quand même avec l'arme nucléaire –, un groupe de militants baptisé "Resistance SF" a projeté un hologramme contre la façade du siège social de Twitter à San Francisco. Il y est écrit "@jack is complicit" (en français "@jack est complice"), et fait référence à Jack Dorsey, le fondateur du réseau social. Dans un article sur Facebook, Resistance SF justifie cette action en expliquant que Jack Dorsey "enfreint les règles de sa propre entreprise" et "met en danger le monde en laissant Donald Trump sur Twitter".

Une manifestation devant les locaux est prévue aujourd’hui pour, encore une fois, appeller Twitter à bannir Donald Trump.

De nombreux utilisateurs de Twitter ont également tenté de signaler le compte du président, mais leurs requêtes ont toutes été déclinées par le réseau social, précisant que celui-ci ne "violait pas les conditions générales" d'utilisation du site. Plusieurs internautes ont posté les réponses de Twitter en ligne.

Mais comment Donald Trump fait-il pour échapper aux sanctions ? Jack Dorsey expliquait en novembre dernier, lors d’une conférence, que les tweets du président sont "dignes d’intérêt", mais précisait que les choix sont issus d'une "évaluation suggestive des modérateurs". Une logique aisément compréhensible, quand on sait que la simple présence de Trump rapporterait à Twitter 2 milliards de dollars, selon le site Fortune.

Depuis, Twitter a mis à jour sa politique de sécurité. Désormais, les règles du réseau social "ne s'appliquent pas à des entités militaires ou gouvernementales", comme le précise le règlement du site. Donald Trump – comme Emmanuel Macron, Shinzo Abe ou n'importe quel élu national – semble désormais jouir d'une forme d'impunité sur Twitter. Son compte ne sera probablement jamais suspendu officiellement. Sauf lorsqu’un employé du réseau social se charge de le faire lui-même lors de son dernier jour, bien sûr. 

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