Ces dernières semaines, Facebook est sous le feu des critiques. Après avoir réagi par la voix d'un employé, l'entreprise a désormais posté un article pour expliquer "comment" utiliser le réseau social pour se sentir bien dessus.

C'est sans aucun doute l'un des principaux débats de ce début de XXIe siècle. Passer du temps sur les réseaux sociaux, et plus généralement sur Internet, est-il in fine une mauvaise chose pour nous ? Les réseaux sociaux nous divisent-ils, nous rendent-ils plus seuls, au lieu de nous rapprocher ?

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Il n’y a pas (encore) de réponse unique et absolue à cette question, qui est revenue sur le devant de la scène médiatique ces dernières semaines après les critiques acerbes d’anciens cadres de Facebook. Le premier réseau social, symbole même de la place que ces plateformes en ligne ont prise dans nos vies, a finalement décidé de mettre sa pièce dans la machine à débat en publiant, vendredi 15 décembre, un article de blog.

David Ginsberg, directeur de la recherche chez Facebook, et Moira Burka, chercheuse scientifique chez Facebook, posent la question clairement : "Est-ce que passer du temps sur les réseaux sociaux est mauvais pour nous ?". Et ils ont une réponse, tout aussi limpide, à cette question : cela dépend de la manière dont vous les utilisez.

"Selon les recherches sur le sujet, ça dépend vraiment de comment on utilise la technologie", résument les auteurs de l’article. "Par exemple, sur les réseaux sociaux, on peut passivement scroller entre les posts, un peu comme si on regardait la télé, ou activement interagir avec des amis – en écrivant ou en commentant les posts de chacun."

Le Zuckerberg philanthrope est une espère rare

Rien de nouveau sous le soleil, en somme. Les effets déprimants des réseaux sociaux, en particulier lorsqu’ils sont utilisés de façon passive, sont connus depuis longtemps. Il est exceptionnel que Facebook réagisse aussi longuement à une thématique – six pages de texte à l’impression – mais la réponse ne surprendra pas grand monde : la solution aux problèmes posés par les réseaux sociaux, c’est plus de réseaux sociaux. Le problème n’est pas le produit, mais l’utilisation qu’en font les gens. Classique.

Au lieu d’assumer pleinement sa qualité d’entreprise à but uniquement lucratif, Mark Zuckerberg a choisi de prendre un autre chemin

"Une étude que nous avons conduite avec Robert Kraut de l’université Carnegie Mellon rapporte que les personnes envoyant ou recevant plus de messages, de commentaires ou de tags sur des posts ont connu des améliorations de leurs rapports sociaux, de la dépression ou de la solitude", continuent les auteurs de l’article.

Mais Facebook est un business. Plus qu’un business, c’est un géant de l’Internet. Il y a donc des clients, des utilisateurs, des actionnaires et des employés. Au lieu d’assumer pleinement sa qualité d’entreprise à but uniquement lucratif, Mark Zuckerberg a choisi de prendre un autre chemin. Depuis le mois de novembre, il veut que son réseau social devienne un moteur du bien-être social, que l’impact positif de Facebook sur le monde se fasse sentir. "Nous avons la responsabilité de faire plus dans le monde", affirmait Mark Zuckerberg à CNN.

Cette orientation a elle-même été encouragée par les critiques liées au rôle possible de Facebook durant la campagne présidentielle américaine de 2016. Peut-être que cela aboutira véritablement sur des changements, comme la dévalorisation des publications qui sollicitent artificiellement les utilisateurs ("Tague un ami si…"), annoncée ce lundi 18 décembre. Mais pour le moment, c’est surtout de la communication.

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