C'est rare que Facebook réponde aux critiques de ses anciens employés ou détracteurs. Mais cette fois-ci, le réseau social a voulu faire connaître sa position pour mieux expliquer son évolution.

Ces dernières semaines, plusieurs anciens cadres de Facebook ont exprimé leur désaccord vis-à-vis des directions prises par le réseau social de Mark Zuckerberg. Chamath Palihapitiya, qui avait rejoint l'entreprise en 2007 en tant que vice-président en charge de la croissance des audiences, est le dernier à avoir lancé une violente charge contre l'entreprise.

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Dans une vidéo datant du mois de novembre et déterrée le lundi 11 décembre par The Verge, l'ex-cadre a accusé Facebook de "détruire la société". Pour lui, le réseau social "érode les fondements du comortement des gens" et il ressent une "énorme culpabilité" à avoir aidé à créer des outils qui "déchirent le lien social". Lui-même et ses enfants "n'utilisent pas cette merde", notamment pour préserveur leur "indépendance intellectuelle", expliquait-il. Au moins, les choses sont dites.

Facebook répond, mais pas frontalement

De manière totalement inhabituelle, Facebook a décidé de répondre directement aux critiques de Chamath Palihapitiya. Et cette réponse est assez étonnante. La boîte de Mark Zuckerberg n'a pas formellement ou directement rejeté les protestations de son ex-employé. En réalité, Facebook a expliqué dans un communiqué que l'entreprise avait bien changé depuis le temps de Chamath Palihapitiya et que son raisonnement était désormais obsolète.

"Nous sommes prêts à réduire notre rentabilité pour être sur que nos investissements soient les bons"

"Chamath ne fait plus partie de Facebook depuis plus de six ans", explique Facebook. "Quand Chamath était à Facebook nous nous concentrions sur la construction de nouvelles expériences sociales et à faire grandir Facebook dans le monde entier. Facebook était une entreprise très différente à l'époque, nous avons grandi et réalisé que nos responsabilités avaient grandi elles aussi."

Pour donner du poids à ces arguments, Facebook souligne le "travail et les recherches qui sont menées en extérieur avec des universitaires" pour mieux comprendre les effets des médias sociaux, notamment sur le cerveau. "Nous sommes prêts à réduire notre rentabilité pour être sur que nos investissements soient les bons", explique le communiqué. Ainsi, l'entreprise cherche à affirmer, une nouvelle fois, sa volonté de devenir un réseau "positif" dans la construction des communautés et du lien social en protégeant ses utilisateurs. En novembre, Mark Zuckerberg affirmait même à des investisseurs que "protéger notre communauté est plus important que maximiser nos profits". Pourquoi pas ? Mais après les révélations sur le rôle de Facebook dans la campagne électorale américaine de 2016, on a peu de mal à le croire.

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