C'est à dire une application de messagerie sans stories, sans filtre d’oreilles de chien et de système d'appels vidéo de groupe avec des effets en réalité augmentée dont personne ne se sert ou presque.

Selon un sondage Médiamétrie d'août 2017, Messenger se place en tête des applications de messagerie mobile en France devant WhatsApp, Skype, Google Hangouts et Viber, avec plus de 14 millions d'utilisateurs mensuels par mois. Mais combien sommes-nous à tuer le temps avec les mini-jeux proposés dans l’application ? Qui utilise vraiment Messenger Day ("Ma journée" en français), énième copie des stories Snapchat, dans l’application ? Non mais vraiment, qui ?

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Si Facebook ne communique pas de chiffres précis liés à ses diverses options de stories – que l’on retrouve à la fois sur Instagram, sur Messenger et sur l’application Facebook elle-même –, on ne pense pas trop s’avancer en affirmant que le nombre d’utilisateurs de ces "journées" Messenger ne doit pas détraquer les compteurs. En juin dernier, nous avions eu l’occasion d’abord le sujet avec David Marcus, en charge des produits Messenger, venu tout spécialement à Paris pour annoncer les nouveautés à venir dans la section vidéo de l’application. En l’occurrence, l’apparition des réactions et de petites animations en réalité augmentée dans les conversations de groupe. Rien de bien folichon, soyons honnêtes.

Aucune trace des fameuses stories aussi désertées qu’un marchand de glaces dans le Morbihan en plein mois de janvier

Lors de cette interview, David Marcus nous avait pourtant assuré que "les adolescents avaient beaucoup accroché à Messenger Day", qui se montrait comme une option "particulièrement utile pour les utilisateurs cherchant à s’organiser entre amis, à trouver leur prochaine activité…". Mais après avoir interrogé au cours des derniers mois plusieurs adolescents français sur le sujet, nous avons surtout eu le sentiment que ces derniers n’utilisaient tout simplement pas Messenger. Tous ou presque nous ont revanche confié être de grands adeptes d’Instagram (qui appartient également à Facebook, ne l’oublions pas) et de Snapchat.

Les gadgets en moins, le poids aussi

Ce mardi, Facebook a annoncé que son application dans sa version Lite – c’est-à-dire plus légère et capable d’être fonctionnelle même dans les lieux sans Wi-Fi et où la couverture du réseau 4G ou 3G n’est pas assurée – était enfin disponible sous Android aux États-Unis, au Canada ou encore au Royaume-Uni. En France, comme dans 132 autres pays, elle l’est depuis le mois de mars sur le Play Store.

Concrètement, cette mouture de Messenger est bien plus modeste que sa version classique : pesant de 10 Mo (contre plus de 50 Mo pour l’application basique), elle ne permet que d’envoyer du texte, des photos et des liens. Les stickers y sont de leur côté visualisables, mais impossibles à partager ou à télécharger pour ne pas saturer la bande-passante. On ne peut non plus visualiser des GIF (très mauvais point...) ou passer des appels vidéo depuis l’application, même si l’audio reste accessible. Enfin, on n’y trouve aucune trace des fioritures en réalité augmentée ou encore des fameuses stories aussi désertées qu’un marchand de glaces dans le Morbihan en plein mois de janvier. On n’y retrouvera sûrement pas non plus, lorsqu’il sera disponible en France, Discover Tab, l’espace qui recense les innombrables bots des marques. Et très sincèrement, on en est absolument ravis.

Une place plus naturelle dans la famille des applis Facebook

Dans cette marée d’applications de messagerie mobile, de filtres, d’animations, de paillettes, Messenger ne ferait-il pas mieux de rester pour nous ce qu’il a été pendant plusieurs années : un espace de discussion instantanée pratique et sobre, sur lequel on peut maintenant compter même lorsque la couverture réseau est insuffisante ? Après tout, sa copie de Snapchat, Facebook l’a déjà. Elle se nomme Instagram, et elle surpasse aujourd’hui en nombre d’utilisateurs cet ennemi que Mark Zuckerberg a toujours voulu abattre.

Certes, Facebook détient aussi WhatsApp, qui joue à merveille son rôle d’application de messagerie sans chichis – et bien plus sécurisée. Mais tous les utilisateurs de Facebook – et donc de Messenger –, ne l’utilisent pas. Certains ne connaissent d’ailleurs même pas son existence (je pense à mon père, par exemple, qui maîtrise désormais à peu près Facebook et qui refuserait probablement de se mettre à utiliser une énième application dès demain). On l’a compris : entre Instagram et WhatsApp, il y a donc véritablement une place pour ce Messenger plus lisible et tout terrain.

De quoi franchement regretter le fait qu’à l’heure actuelle, Messenger Lite ne soit disponible que pour les utilisateurs d'Android. Est-ce parce que Messenger Lite est avant tout destiné aux marchés émergeants, où iOS se veut bien moins répandu qu’en Occident ? Nous avons contacté le réseau social pour comprendre les raisons d’un tel choix et nous attendons le retour.

D'ici là, les utilisateurs d'iPhone peuvent toujours attendre de voir si les stories Messenger réussissent à faire quelques adeptes parmi leurs contacts. Les autres peuvent passer définitivement à Messenger Lite. 

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