Alors que le congrès du Parti communiste chinois approche à grands pas, le gouvernement a compliqué l'accès à WhatsApp, propriété de Facebook. Une manière de forcer les Chinois à utiliser des services moins anonymes.

La Chine s'applique à restreindre l’accès à WhatsApp depuis le lundi 25 septembre, empêchant nombre d'utilisateurs chinois d’envoyer des messages, des photos et des vidéos ou encore de passer des appels grâce à l’application de messagerie propriété de Facebook. Ce type de perturbations est habituellement temporaire, mais il semble avoir cette fois une résonnance politique forte.

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Pour Facebook, c’est un camouflet. La Chine représente un immense marché pour les géants américains du Web, mais il est aussi difficile d'accès. Depuis longtemps, Mark Zuckerberg fait tout son possible pour que ses produits soient acceptés en Chine – il apprend même intensément le chinois – et WhatsApp était la seule application de Facebook encore autorisée dans le pays.  

Depuis la mi-juillet, certaines parties du territoire subissaient déjà une censure partielle, puisqu’il était impossible d’envoyer des photos et des vidéos depuis plusieurs provinces. La plupart des observateurs s’attendaient à ce que cela cesse au bout de quelques semaines. Mais le gouvernement chinois a progressivement bloqué l’envoi de messages, entre le dimanche 24 septembre et ce mardi.

Presque un milliard d'utilisateurs sur une appli surveillée

Comment la Chine peut-elle, techniquement, pertuber l’accès à WhatsApp par ses citoyens ? Selon des experts interrogés par le New York Times, le gouvernement aurait fait développer des logiciels spécifiques fondés sur des technologies de cryptage, très similaires à ceux utilisés par WhatsApp. "Ce n’est pas la méthode habituellement utilisée par le gouvernement chinois pour censurer quelque chose", a affirmé au quotidien américain Nadim Kobeissi, cryptographe au sein de la start-up parisienne Symbolic Software.

WeChat a envoyé une note à ses utilisateurs, rappelant que l’entreprise se conformait aux demandes du gouvernement

Le fait est que le blocage de l’application de messagerie force les Chinois à se tourner vers d’autres outils de communication similaires, comme l’application WeChat, créée par l’entreprise chinoise Tencent, basée à Shenzhen. Ces applications locales sont largement épiées par les autorités chinoises. Ainsi, Tencent assume sa proximité avec le gouvernement. WeChat, qui compte 963 millions d’utilisateurs actifs, a envoyé ce mois-ci une note à ses utilisateurs, rappelant que l’entreprise se conformait aux différentes demandes du gouvernement.

Ainsi, il semble que la censure de WhatsApp – qui intervient quelques semaines avant le Congrès national du Parti communiste chinois – soit purement et simplement une méthode pour évincer l’une des seules applications de messagerie sécurisée du pays. Contrairement à Messenger, Facebook n’est que très partiellement capable de savoir ce qu’il se dit sur WhatsApp.

De la même manière, la Chine tolère l’application de messagerie Skype ou le service FaceTime d’Apple. La première est bien connue pour ses failles et la seconde, si elle est plus sécurisée, ne propose pas un service d’envoi de codes et de messages cryptés, comme WhatsApp.

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