La directrice de Google Earth a annoncé une nouvelle fonctionnalité qui devrait apparaître prochainement sur la plateforme. Les internautes pourront l'alimenter de contenus en tout genre, comme sur n'importe quel réseau social.

Nos statuts, photos et vidéos pourraient bien abandonner Facebook et Instagram pour aller s'installer sur Google Earth. Le logiciel de visualisation de la Terre ambitionne de se transformer en un réseau social qui hébergerait des tranches de nos vies, grâce à l'attachement à un territoire précis.

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Concrètement, l’ensemble des publications ne se limiteraient pas à figurer sur un fil d’actualités précis mais viendrait nourrir continuellement une sorte d'histoire collective des lieux concernés. C’est le scénario avancé par la directrice de Google Earth, Rebecca Moore, mardi 11 juillet, rapporte Reuters. Et cela n’a rien d’une idée vaguement envisagée, puisque cette fonctionnalité devrait apparaître sur Google Earth d’ici deux à trois ans, affirme Rebecca Moore.

Avec ce projet, Google entend compléter l’outil Explorateur. Lancé en avril dernier, au moment où la firme de Mountain View présentait une version améliorée de Google Earth, l’Explorateur propose des visites guidées interactives. Pour montrer ce qu’elle est capable de réaliser avec cet outil, l’entreprise a dévoilé le projet "I am Amazon", une exploration interactive de la forêt amazonienne, ponctuée de 11 histoires personnalisées.

L’aboutissement, dit Google, de dix années de travail auprès des populations locales. Au début du mois de juillet, l'Explorateur avait aussi été utilisé pour faire découvrir l'Alaska en direct.

Quelle modération ?

Bien que l'on en soit encore très loin, une carte "Explorateur" alimentée par les données et les expériences des utilisateurs serait potentiellement le plus grand répertoire virtuel des expériences humaines à travers la planète. Mais plusieurs défis doivent encore être relevés.

Pour le moment, Google préfère surtout exploiter son nouvel outil à sa manière, c'est-à-dire de façon très contrôlée et en embauchant certains des meilleurs réalisateurs de la planète. Le projet "I am Amazon" a ainsi été coproduit par le célèbre réalisateur brésilien Fernando Merrelles, tandis que d'autres projets de la firme ont fait appel à la primatologue Jane Goodall. Or, la firme de Mountain View entend rendre possible la publication de tout contenu par chaque utilisateur, dans une forme brute et non éditée, ce qui pose forcément des questions sur la manière dont cet outil sera mobilisé.

Peu importe les ambitions louables que Google entend porter, n'importe quel outil peut être détourné de ses objectifs initiaux. Il suffit de regarder du côté de Facebook pour comprendre les risques qui pèsent sur Google Earth. Alors que le premier réseau social se rêve en grand lieu de rassemblement de l’humanité entière, il lutte aujourd’hui pour modérer les contenus violents et inappropriés qui pullulent sur la plateforme.

Une version publique de Google Earth version réseau social nécessitera forcément des modérateurs, des éditeurs, et tout ce qui est désormais nécessaire pour encadrer nos vies numériques. Afin d’en apprendre davantage sur ce projet, Mashable a contacté Google et ne manquera pas de mettre à jour ce papier.

– Adapté par Majda Abdellah. Retrouvez la version originale sur Mashable.

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