C'est une information The Guardian : à la suite d'un bug, l'identité de plus de 1 000 modérateurs aurait été révélé à des administrateurs de groupes soutenant l'organisation État islamique.

Après avoir annoncé qu'il voulait en finir avec le terrorisme sur sa plateforme, le réseau social Facebook fait parler de lui à la suite d'une malheureuse histoire de bug. Selon le journal britannique The Guardian le 16 juin, plus de 1 000 modérateurs auraient vu leurs nom apparaître dans des notifications envoyées aux administrateurs de groupes amis avec des administrateurs de groupes suspendus.

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Cette faille de sécurité révèle donc l'identité de ces salariés et prestataires de Facebook à des soutiens de groupes terroristes comme l'organisation État islamique.

"Ils auraient dû nous créer de faux profils..."

Quarante de ces salariés sont basés à Dublin, en Irlande, au sein de l'unité anti-propagande terroriste, dont certains sont estampillés "prioritaires" car très exposés aux potentiels terroristes. The Guardian a pu discuter avec l'un d'entre eux, qui a (pour des raisons évidente de sécurité) souhaité gardé son anonymat. Cet homme arrivé d'Irak à l'âge de 5 ans en Irlande, a vécu quelques mois en Europe caché, suite à la découverte de son profil par des soutiens de l'organisation État islamique.

"Je ne peux pas prendre le risque de recevoir une bombe dans ma boîte aux lettres pendant que Facebook s'organise pour répondre au problème..."

"La punition de l'organisation État islamique, quand vous travaillez dans l'anti-terrorisme, c'est la décapitation", raconte celui qui n'est pas rassuré à l'idée d'être un ressortissant d'un pays en zone de guerre mais travaillant chez Facebook. Dès novembre 2016, certains modérateurs s'étaient inquiétés de recevoir des demandes d'amis d'utilisateurs qu'ils surveillaient dans ces groupes. "Les personnes qui ont vu apparaître votre nom l’ont vu dans un registre d’activités rempli d’informations. Il y a de grandes chances pour qu’ils vous associent simplement à un autre administrateur du groupe ou à un hacker", s'est voulu rassurant Craig D’Souza, chargé des enquêtes internationales du réseau. "Je ne peux pas prendre le risque de recevoir une bombe dans ma boîte aux lettres pendant que Facebook s'organise pour répondre au problème...", s'inquiète le modérateur interrogé.

Pour lui, il est évident que Facebook a commis une erreur d'appréciation des risques. "Ils auraient dû nous créer de faux profils...", regrette-t-il aujourd'hui.

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