"Soulever les problématiques rencontrées par les vidéastes femmes" et "motiver les jeunes femmes à entrer dans le débat public en prenant la parole par le biais de la vidéo" : la journaliste Lisa Miquet explique à Mashable FR l'objectif du reportage.

Née en avril 2016, Les Internettes est une association "qui encourage et valorise la création féminine sur YouTube". Alors forcément, quand Les Internettes réalise leur premier reportage, celui-ci porte sur les femmes de YouTube.

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En presque 54 minutes, la journaliste Lisa Miquet et la réalisatrice web Léa Bordier, toutes les deux cofondatrices de l'association, sont allées à la rencontre de talents féminins de la plateforme de partage de vidéos. De Klaire fait grr et Eloïse Wagner à Nathalie Odzierejko (Natoo) et Charlie - Les Revues du Monde en passant par Sophie Riche et Marion Seclin (pour ne citer qu'elles), la caméra documente les témoignages de ces vidéastes femmes qui essayent de se faire une place sur un YouTube majoritairement masculin.

Face au slut-shaming, les femmes ont tendance à s'autocensurer

"Dans le top 100 des chaînes françaises", on trouve "seulement une dizaine de créatrices vidéo", explique Les Internettes. "Et les plus influentes abordent des sujets plutôt stéréotypés : mode, cuisine et maquillage". "Si les 'Youtubeuses beauté' jouissent déjà d’une belle couverture, comment visibiliser les autres, celles qui naviguent entre l’humour et l’art, le gaming et l’Histoire, les sujets de société et le cinéma, les conseils de vie et la beauté, la littérature et les voyages ?", s'interroge l'association. 

Interrogée par Mashable FR, Lisa Miquet explique que l'ambition première a été d'inspirer les femmes et de les inviter à se lancer sur YouTube pour inverser la tendance. "Puis en réalisant nos premiers entretiens, on s’est vite rendu compte que le quotidien de ces Youtubeuses était souvent compliqué et qu’au-delà d’être des créatrices de contenu, elles étaient aussi des pionnières du web".

Les femmes sont souvent considérées comme moins crédibles et réduites à leurs physiques

Pour la journaliste, le rôle d'un tel reportage est triple : "Soulever les problématiques rencontrées par les jeunes créatrices de vidéos sur Internet, trouver des solutions pour les surmonter et motiver un maximum de jeunes femmes à entrer dans le débat public en prenant la parole par le biais de la vidéo". Il faut dire qu'en l'état, l'auto-disqualification empêche souvent les femmes à se lancer. En cause, selon Lisa Miquet, "l'impression de ne pas être légitime, de ne pas avoir de sujet, de ne pas maîtriser assez la technique... " Sachant qu'une fois qu’elles surpassent tout ça, "elles se retrouvent face à de nouveaux obstacles : elles sont moins mises en avant, on les considère comme moins crédibles, on les réduit souvent à leur physique et ça peut même aller jusqu’au cyberharcèlement ou aux menaces de mort et de viol", regrette la journaliste. Soyons-en sûrs : grâce à des initiatives, militantes et joyeuses, comme celle des Internettes, la parole des femmes se libère – et avec elle, espérons-le, l'envie de se lancer.

–  Les Internettes accompagne les créatrices via un cycle de masterclass, met à leur disposition un espace d’échanges en ligne (Discord), intervient dans l’espace public autour des questions de création féminine et fait découvrir tous les jours au grand public une vidéo de Youtubeuse sur sa page Facebook.

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