Facebook a, malgré lui, hébergé plusieurs vidéos d'une violence rare, montrant crimes et suicides, ces dernières semaines. Le réseau social se justifie et s'engage à redoubler d'effort dans la modération des contenus, notamment des vidéos.

Facebook adore la vidéo. Facebook aime aussi l'argent. Et les vidéos font de l'argent.

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Mais Facebook commence – enfin – à se rendre compte que toutes les vidéos ne sont pas les bienvenues sur sa plateforme, peu importe le nombre de vues qu'elles engrangent. Le 17 avril, lendemain du jour où une vidéo montrant un meurtre à Cleveland est devenue virale, Facebook a publié des excuses, admettant sa propre incapacité à repérer et dénoncer le crime.

"Nous avons désactivé le compte du suspect en 23 minutes après le premier signalement de la vidéo du meurtre, et 2 heures après le premier signalement sur toute cette affaire. Mais nous savons que nous devons faire mieux", a écrit Justin Osofsky, vice-président des opérations mondiales chez Facebook dans un post de blog.

Il s'agit de l'incident le plus récent de toute une série de vidéos montrant des crimes violents (et un suicide particulièrement brutal), publiées sur le réseau social ou carrément filmées en direct.

"C'était un crime horrible qui va à l'encontre de nos politiques et de tout ce pourquoi nous nous battons"

Voilà le récapitulatif de l'incident selon Facebook :

"Dimanche matin [16 avril] à Cleveland, un homme publie une vidéo de lui annonçant son intention de commettre un meurtre. 2 minutes plus tard, il publie une 2e vidéo le montrant en train de tirer et tuer un vieil homme. Quelques minutes plus tard il se filme en Facebook Live, et confesse son crime."

"C'était un crime horrible – du genre qui n'a pas sa place sur Facebook, et qui va à l'encontre de nos politiques et de tout ce pourquoi nous nous battons."

Une confusion dans le déroulé des faits

Plusieurs sites d'information ont commis des erreurs en retraçant le cours des événements et la publication des différentes vidéos. En réponse, Facebook a publié un déroulé des événements pour clarifier ce qu'il s'était passé, et quand.

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Facebook/Traduction de MashableFR

Soyons clairs : ce n'est pas la faute de Facebook si une personne en a tué une autre et si les gens ont pu le voir sur Facebook. Le réseau social offre la possibilité aux utilisateurs – nous sommes 2 milliards – de signaler une publication qui contrevient aux standards de la communauté, qui condamnent la violence.

Mais personne ne l'a signalée rapidement, d'après le réseau social : "Nous n'avons pas reçu de signalement de la 1ère vidéo, et nous avons reçu le premier signalement de la 2e vidéo – montrant la fusillade – plus d'1h45 après sa publication. Nous avons reçu des signalements concernant la 3e vidéo, celle de la confession en direct, seulement après la fin du live", détaille le communiqué.

L'intelligence artificielle au service de la modération

Facebook a une équipe de modérateurs qui surveillent les vidéos en direct dès que celles-ci dépassent un certain nombre de vues, confiait l'entreprise de Mark Zuckerberg à Mashable fin 2016. En l'occurrence, le seuil minimum pour cette modération n'a pas été atteint assez rapidement.

Facebook s'engage tout de même à mieux faire. "Après cette terrible série d'événements, nous vérifions nos flux de signalement pour être sûrs que les utilisateurs peuvent signaler des vidéos et d'autres contenus qui violent nos standards aussi facilement et rapidement que possible", explique le communiqué.

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Cet effort inclut aussi l'introduction de plus d'intelligence artificielle dans la modération des vidéos Facebook, car le site reçoit tellement de contenus chaque minute que les modérateurs humains ne peuvent pas suivre – selon eux. Reste à voir si les IA qui travailleront "côte à côte" avec ces modérateurs humains seront capables de mieux faire.

– Adapté par Charlotte Viguié. Retrouvez la version originale sur Mashable.

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