Au In & Out Cafe de Jeonju, une ville au sud de Séoul, on peut désormais commander un café latte à l'effigie… de Kim Jong-un.

Depuis le sommet historique entre les deux Corées en avril dernier, la popularité du leader nord-coréen est montée en flèche. Une première, dans un pays où faire l'éloge de la Corée du Nord est passible de poursuite.

VOIR AUSSI : L’économie, la guerre de Corée, les prisonniers : les autres dossiers du sommet Trump-Kim

"J'étais très impressionnée quand j'ai regardé le sommet intercoréen", a raconté Kim Jong-il, le propriétaire, qui par un concours de circonstances porte le même prénom et le même nom que le père de Kim Jong-un. "J'ai fait ce latte en priant pour la paix", a-t-il confié à l'agence Reuters.

Grâce à l'imprimante 3D du café, les clients sud-coréens du In & Out ont également la possibilité de boire un latte à l'effigie de leur président Moon Jae-in, ou même des deux leaders coréens. Voire même à leur propre effigie, accompagnée d'une photo de Moon Jae-in et de Kim Jong-un lors du sommet d'avril dernier.

kim-_moon_cafe.jpg

Pour cause, la rencontre entre Moon Jae-in et son homologue nord-coréen Kim Jong-un a boosté la popularité de ce dernier en Corée du Sud. En mars 2018, une agence officielle coréenne révélait que seuls 10 % des Sud-Coréens faisaient confiance à Kim Jong-un. Mais depuis le sommet à Panmunjom, où le leader nord-coréen a promis, entre autre, d'œuvrer pour la dénucléarisation de la péninsule, ils seraient désormais 78 % à l'apprécier.

affiche_kim.png
Devant un magasin de caricature à Séoul.
Joongang

Kim Jong-un peut enfin être utilisé comme produit marketing. En Corée du Sud, une loi sécurité interdit de "faire l'éloge, d'encourager ou de faire de la propagande favorable à la Corée du Nord". Encore en 2013, les autorités du pays bloquaient des sites web, arrêtaient, voire même poursuivaient des citoyens conformément à cette loi.

Toutefois, utiliser l'image de Kim Jong-un à des fins marketing n'était pas tout à fait interdite. Gym88, une salle de kickboxing à Séoul, l'utilise déjà depuis deux ans "sans aucun problème" selon un entraîneur. La représentation peu flatteuse y est peut-être pour quelque chose : sur les flyers de la salle, on observe le bien portant Kim Jong-un, aux côtés d'une femme en Bikini. Le slogan ? "Toi aussi tu as du poids à perdre".

Il n'y a d'ailleurs pas qu'en Corée du Sud que le rapprochement des deux Corées est tendance. La fièvre Kim Jong-un s'est également propagée à Singapour où Donald Trump et Kim Jong-un devraient se rencontrer en juin. Selon Channel News Asia, on peut désormais déguster dans la cité-État un "Trump-Kim Chi Nasi Lemak " un des plats les plus populaires, agrémenté de bœuf séché américain et au kimchi coréen.

affiche_kim_trump.png
Publicité – un nasi lemak Trump-Kim.
Joogang

– Cet article a initialement été publié sur le site des Observateurs de France 24.

Quelque chose à ajouter ? Dites-le en commentaire.