L'élection de l'Assemblée constituante au Venezuela a été entachée par de nombreux incidents, dont l'un fait beaucoup parler sur les réseaux sociaux. Le président s'est vu rejeter son "carnet de la patrie" par un smartphone chargé de le scanner.

Même la technologie n'était pas de son côté.

Au Venezuela, l'éléction de l'Assemblée constituante, dimanche 30 juillet, n'a fait qu'enfoncer encore un peu plus le pays dans le chaos. Le taux de participation est déjà contesté sur tous les réseaux sociaux, et l'opposition a appelé à la grève générale durant deux jours après la mort de dix personnes dans des affrontements avec la police. Le Venezuela implose, et son président désavoué n'avait vraiment pas besoin de subir ce bref mais embarassant instant de solitude, que rapporte la presse locale.

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Alors qu'il était arrivé le premier dans un bureau de vote d'une banlieue de l'ouest de Caracas pour voter, Nicolas Maduro s'est retrouvé bloqué. Pas par des manifestants, non. Mais par un smartphone qui refusait de scanner son "carnet de la patrie" – une carte qui renseigne des données personelles, allant de l'identité jusqu'à l'affiliation politique.

"Nous allons procéder à la validation de mon carnet de la patrie afin que soit enregistré le fait que je suis venu voter, afin que mon carnet de la patrie enregistre à vie que j'ai voté ce jour historique du 30 juillet", a déclaré le président.

À l'aide d'un smartphone, une femme s'avance alors pour scanner le QR code du carnet. Le président le lui tend. Mais le moment s'éternise étrangement. L'écran du téléphone reste blanc avant d'afficher le message suivant : "La personne n'existe pas ou le carnet a été annulé".

"Tout n'est que piratage, fraude ! Face au carnet, l'écran a affiché que "la personne n'existe pas" et ils ont coupé la caméra ! Fraude !"

"Le résultat est aussi fiable que le carnet annulé de Maduro"

Si la jeune femme lâche un sourire forcé, le président vénézuélien, lui, cache difficilement son agacement. La scène qui dure exactement 1 minute 20 a largement été commentée sur les réseaux sociaux où les anti-Maduro n'ont pas manqué d'ironiser sur l'incident.

'"Un exemple clair de république bananière, communiste et dictatoriale"

"Le résultat est aussi fiable que le carnet annulé de Maduro"

"Le régime de Nicolas Maduro est tellement frauduleux que l'escroquerie du carnet de la patrie ne fonctionne pas"

"Le vote de Maduro représente 50 % de la population + son carnet de la patrie (qui n'est pas enregistré dans le système) 99 % au total"

"Maduro n'existe pas selon le fameux "carnet de la patrie"

"Le carnet de la patrie ne ment pas. Aucun Vénézuélien ne s'appelle Nicolas Maduro"

Lancé en février dernier, le carnet de la patrie est délivré à tous les citoyens vénézuéliens qui ont reçu l'ordre de le scanner, une fois dans le bureau de vote. Indiquant de nombreuses informations personnelles, cette carte est notamment utilisée pour recenser les bénéficiaires d'aides sociales : ceux qui n'activent pas le QR code pour aller voter sont menacés de voir leurs aides suspendues. Selon le président, le carnet de la patrie doit permettre de "combattre la corruption". L'opposition, elle, dénonce une nouvelle mesure de contrôle.

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