La peinture "Salvator Mundi", de Léonard de Vinci sera mise aux enchères par Christie's, le 15 novembre prochain, à New York. L’œuvre du Florentin, d'une rareté absolue, est estimée à 100 millions de dollars.

Fait rarissime : le dernier tableau du peintre italien Léonard de Vinci dans les mains d'un collectionneur privé sera vendu à New York le 15 novembre lors d'enchères organisées par Christie's, qui estime son prix à 100 millions de dollars environ. "Salvator Mundi" ("Le sauveur du monde"), tableau d'une finesse extrême qui représente le Christ en tenue bleue, a longtemps été considéré comme une copie, avant que des experts n'attestent de son authenticité.

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Moins de vingt tableaux de Léonard de Vinci (1452-1519), dont l'œuvre était déjà prisée de son vivant, subsistent aujourd'hui, selon Christie's. À part "Salvator Mundi", tous sont propriété de musée ou d'institutions. De manière générale, la grande majorité des tableaux antérieurs au XIXe siècle sont aujourd'hui dans le domaine public et il très rare d'en voir proposés lors d'enchères.

Le "Saint-Graal"

"Pour les spécialistes, c'est le Saint Graal", a déclaré, lors de la présentation du tableau à la presse, Loïc Gouzer, coprésident du département d’art d’après-guerre et contemporain chez Christie's. "On ne peut pas faire mieux." Le record lors d'une vente aux enchères a été établi en mai 2015 par "Les Femmes d'Alger (version 0)" de Pablo Picasso, adjugé pour 179,3 millions de dollars, mais des tableaux ont atteint des prix supérieurs à l'occasion de ventes privées, selon plusieurs médias.

Un tiers a offert une garantie sur le tableau, ce qui signifie qu'il sera vendu, quoi qu'il arrive lors de la vente du 15 novembre, aux alentours de 100 millions de dollars, a expliqué à l'AFP François de Poortere, responsable des tableaux anciens au sein de Christie's New York.

"On ne peut pas faire mieux"

Avant la vente, "Salvator Mundi" va être exposé à Hong Kong, San Francisco, Londres et enfin New York, durant les jours précédents l'enchère.

Ce tableau de dimension modeste (65 cm sur 45 cm) avait été cédé pour la dernière fois à un collectionneur européen, dont l'identité reste secrète, après une exposition historique consacrée à Léonard de Vinci à la National Gallery de Londres, en 2011-2012.

Réhabilité

L'histoire de cette toile, peinte autour de 1500 par Léonard de Vinci est hors du commun. Nul ne sait avec certitude qui l'avait commandé, mais certains experts estiment qu'il pourrait s'agir d'une demande de la cour de France, plus précisément de Louis XII, a expliqué mardi Alan Wintermute, spécialiste de peinture ancienne pour Christie's.

Elle a ensuite été longtemps propriété des rois d'Angleterre, avant de quitter la famille royale à la faveur de diverses successions et ventes. Elle a disparu pendant plus de 100 ans, avant de réapparaître à la fin du XIXe siècle.

Elle a disparu pendant plus de 100 ans, avant de réapparaître à la fin du XIXe siècle

Il n'était alors plus question d'une toile de de Vinci, mais plutôt de l'un de ses contemporains, inspiré par lui. Recouverte de plusieurs couches de peintures, "qui obscurcissaient complètement sa surface", la toile a notamment été vendue pour 45 livres en 1958 lors d'enchères de Sotheby's, a rappelé Alan Wintermute.

Ce n'est qu'à partir de 2005 que le tableau a été examiné par des spécialistes, puis restauré, et formellement attribué à Léonard de Vinci. "Le tableau était quasiment méconnaissable avant que la restauration soit entreprise", a expliqué François de Porteere.

Originalité voulue par Christie's, le "Sixty Last Suppers" du peintre américain Andy Warhol, qui représente 60 fois "La Cène" de Léonard de Vinci, sera vendu lors de la même soirée, le 15 novembre. Son prix est estimé à 50 millions de dollars.

– Avec AFP

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