Interviewé par Mashable, le PDG d'Ubisoft a expliqué la stratégie de l'entreprise de jeux vidéo pour attirer de nouveaux gamers, créer de nouvelles communautés et fidéliser les millenials en terme de temps passé à jouer.

Que cherchent les millenials qui jouent aux jeux vidéo ? Des jeux auxquels ils peuvent jouer ensemble, d'après le PDG d'Ubisoft Yves Guillemot. "Les millenials veulent de plus en plus des jeux auxquels ils peuvent jouer avec leurs amis", déclare-t-il. "C'est pourquoi nous nous dirigeons encore davantage vers les jeux multijoueurs."

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"Nous voyons bien que l'industrie se transforme et se tourne vers une certaine idée de communauté", explique le PDG, interviewé par Mashable dans les studios d'Ubisoft à Singapour. "Skull & Bones", le prochain jeu vidéo de l'entreprise, est un exemple des efforts d'Ubisoft pour augmenter son offre de jeux multi-joueurs. Contrairement à "Assassin's Creed" qui se joue seul, ce nouveau jeu dans l'univers des pirates peut se jouer en solo ou en mode multi-joueurs.

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UBISOFT/SUPPLIED

Et il ne s'agit là que d'une seule tactique, au sein d'une stratégie globale pour rendre les jeux plus intéressants et addictifs. Face à un temps de jeu en baisse de la part des gamers, Ubisoft a compris que la communauté pouvait être un bon moyen d'attirer davantage les joueurs vers chaque jeu, et pour un temps de jeu plus long. "Il est important pour nous de fournir une expérience de jeu qui peut être consommée longtemps", explique le PDG. Tel qu'il le voit, inviter ainsi les joueurs à passer plus de temps à jouer permet de répondre à un "nouveau besoin" du marché. "Rainbow Six Siege", par exemple, est l'un des jeux multi-joueurs qui poussent les joueurs à "s'investir sur le long terme."

"Les joueurs veulent [avoir le temps] d'améliorer leurs compétences et de faire mieux dans le jeu, [donc] nous devons imaginer des jeux qui peuvent remplir ce besoin", explique Yves Guillemot.

Périodes d'attention courtes et distractions sans limite

Les studios de création de jeux vidéo comme Ubisoft doivent ainsi trouver l'équilibre afin qu'un jeu soit assez attirant pour passionner le joueur sans devenir excessivement addictif – ce qui serait désastreux. D'après Keith Fuller, chargé de production pour Activision, 90 % des joueurs qui commencent un jeu ne le finissent pas.

"Les gens doivent consulter Facebook, Twitter... S'ils sentent que la fin du jeu est lointaine, ils vont simplement arrêter de jouer"

"Les gens ont désormais des périodes d'attention plus courtes et un temps limité pour jouer", confirme Jeremy Airey, chef de la production américaine chez Konami, à CNN.

"La masse des distractions numériques est bien plus grande qu'avant. Les gens doivent consulter Facebook, Twitter, leur blog... S'ils sentent que la fin du jeu est lointaine, ils vont simplement dire 'Je n'ai pas le temps pour ça' et arrêter de jouer."

Justin Ng, développeur de jeux vidéo à Singapour, ajoute qu'il est maintenant difficile pour les créateurs de répondre à la diversité des goûts, car l'audience des jeux vidéo est devenue très grande. "Le gaming n'est plus une activité de niche, il a une audience énorme – et nous réalisons qu'il est de plus en plus difficile d'identifier et de prédire les tendances", explique-t-il.

Diversifier vers l'avenir

Heureusement, Ubisoft a plus d'un tour dans sa manche pour espérer attirer les joueurs. En l'occurrence, l'entreprise compte aussi sur la diversité de genre.

Dans le passé, Ubisoft a été critiqué pour le manque de diversité des personnages à incarner dans ses différents jeux vidéo. En 2014, l'entreprise avait décidé d'abandonner un personnage féminin qui devait figurer dans "Assassin's Creed Unity". Son excuse – animer un personnage féminin aurait coûté trop cher – avait créé la polémique dans le monde du jeu vidéo. L'entreprise a fini par trouver une solution. Le jeu "Skull & Bones" donne la part belle à un personnage féminin dès sa bande-annonce.

Ubisoft US

Mais Yves Guillemot insiste sur la longue histoire de diversité de genre et de représentation des femmes entretenues par Ubisoft. "Je pense que nous avons probablement été les pionniers [dans ce domaine]", déclare-t-il. "De plus en plus de femmes jouent aux jeux vidéo, elles sont donc plus nombreuses à vouloir incarner une femme dans leurs jeux vidéo."

"Ce qui s'est passé en 2014 portait sur un jeu spécifique, et la polémique n'a pas pris en considération toute la diversité que nous avions déjà précédemment dans nos jeux", conclut-il.

– Adapté par Charlotte Viguié. Retrouvez la version originale sur Mashable.

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