Lors de la Coupe des confédérations du 17 au 2 juillet en Russie, les arbitres pourront suspendre les matchs si un comportement raciste est signalé dans les stades, a annoncé la Fifa mercredi 16 juin.

Cris de singe, banderoles racistes, insultes scandées... Face à la gangrène du racisme dans les stades de foot, la Fédération internationale de football association (Fifa) a annoncé une série de mesures afin de surveiller les comportements des supporters. Celles-ci seront spécialement appliquées lors de la Coupe des confédérations, qui débute samedi 17 juin en Russie.

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La compétition va voir s'affronter les équipes nationales championnes continentales. Cette année, en plus de la Russie, pays hôte, et de l'Allemagne championne du monde, participeront le Cameroun, l'Australie, le Portugal, le Mexique, la Nouvelle-Zélande et le Chili.

Annulations de matchs et observateurs anti-racisme

Dans un communiqué mis en ligne mercredi 14 juin, la Fifa explique qu'une "procédure en trois étapes" sera appliquée. Les arbitres pourront interrompre le match dès lors qu'un comportement raciste est signalé. Au bout de trois avertissements au public, le match pourra alors être suspendu, voire carrément annulé.

"Le match pourra être annulé après trois avertissements au public"

Des observateurs seront également dispersés dans les gradins pour surveiller et prévenir d'éventuelles discriminations. Tout incident sera communiqué à la Fifa.

Cette annonce intervient quelques mois après la dissolution du groupe de travail chargé de lutter contre les discriminations, au sein de la Fédération internationale de football. En septembre dernier, la Fifa avait en effet abandonné sa commission contre le racisme, trois ans après sa création par Sepp Blatter, estimant que sa mission avait été "accomplie". La décision avait été largement critiquée, notamment par des joueurs comme Yaya Touré, footballeur international ivoirien.

La Fifa avait néanmoins tenté de justifier ce choix en expliquant que la durée de vie de la commission était limitée. "Il n'est pas question de dire qu'il n'y a plus aucun problème de racisme dans le football", nuançait la Fédération.

Plus de pouvoirs aux arbitres

Avec sa procédure en trois étapes, la Fifa espère donner plus de pouvoir aux arbitres qui peinent encore à réagir face au racisme en direct. En témoigne le dernier incident le 30 avril, sur la pelouse de Cagliari en Italie. Le joueur d'origine ghanéenne Sulley Muntari, ciblé par des insultes racistes, avait décidé de quitter le terrain, sanctionné d'un carton jaune par l'arbitre.

"L'arbitre ne doit pas se contenter de rester sur le terrain et faire le sifflet, il doit tout faire", avait réagi Sulley Muntari à la fin du match. "Il devrait être attentif à ce genre de choses et en faire un exemple. Je lui ai demandé s'il avait entendu les insultes. J'ai insisté sur le fait que nous devions avoir le courage d'arrêter le match."

Si ces nouvelles mesures mises en place pour la Coupe des confédérations en Russie entendent contrôler le comportement de tous les supporters, les hooligans russes sont principalement visés. Les ultras du pays sont réputés parmi les plus violents et les plus racistes d'Europe, adeptes du jet de bananes à l'encontre des joueurs noirs.

Alors que la Russie accueille la Coupe du monde l'année prochaine, un inspecteur chargé des questions de racisme et de discrimination a ainsi été nommé en la personne d'Alexis Smertine. L'ancien milieu de terrain de Bordeaux a pour mission d'éradiquer les accidents visant les joueurs de couleur dans le pays.

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