En marge du Festival de Cannes, les studios Baobab sont venus présenter leur nouveau projet : "Rainbow Crow", une série coproduite par John Legend. De quoi s’installer un peu plus encore dans le game de l’animation en réalité virtuelle.

Il y a quelques semaines, le magazine Forbes décrivait Baobab Studios comme les "Pixar de la réalité virtuelle". Pourtant Eric Darnell, réalisateur et cofondateur de Baobab Studios, préfère relativiser. "Celui qui sera le vrai génie de la réalité virtuelle, il doit sans doute avoir cinq ans aujourd’hui et être haut comme trois pommes", assure Eric Darnell à Mashable FR, conscient que nous n’en sommes qu’aux prémices du cinéma en réalité virtuelle.

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La VR, lui, il est tombé dedans un peu par hasard, la cinquantaine passée. Après une carrière longue de 20 ans dans l’animation - chez Dreamworks notamment pour qui il a réalisé toute la saga "Madagascar" - Eric Darnell commençait à se lasser : "Je ne découvrais plus rien, je ne m’émerveillais plus". Et puis un jour, "il y a un peu plus de deux ans", il enfile un casque de réalité virtuelle et trouve ça "dingue" : c’est dans ce monde merveilleux et interactif qu’il veut raconter ses prochaines histoires.

Un lapin, un corbeau et des aliens

Eric Darnell cofonde Baobab Studios en 2015 avec la productrice Maureen Fan. Ils ont depuis plusieurs réussites à leur effectif parmi lesquelles le court-métrage "Invasion!" et son lapin blanc qui s’installe sur l’épaule du spectateur, "Asteroids!" et ses petits aliens colorés sélectionnés au Festival d’animation d’Annecy et maintenant la série "Rainbow Crow" et son corbeau multicolore à la voix de John Legend. Des petites bêtes qui montent, qui montent, apportant à Baobab Studios une jolie place dans le paysage de la production d’animation en réalité virtuelle.

31 millions de dollars levés

Mais le chemin vers le succès est loin d’être atteint pour Eric Darnell : "Je pense que là, comme pour toute innovation, on est un petit peu dans le creux de la vague", citant en exemple la récente fermeture du studio Oculus Story de Facebook. "Il va falloir attendre quatre ou cinq ans pour que ça remonte. Donc il faut qu’on continue de travailler bien, et à bas coût, pendant encore quelques années". Si Baobab Studios a déjà réussi à lever 31 millions de dollars et compte HTC, Samsung ou la Twentieth Century Fox parmi ses investisseurs, "ce n’est pas tant d’argent que ça : cela coûte très cher de produire en VR". Surtout pour un public de niche.

"Il faut prendre le temps de se faire une place"

Et puisque le cinéma en réalité virtuelle est encore loin de son âge d’or, il n’est pas surprenant de voir si peu de courts et longs métrages sélectionnés dans les compétitions officielles d’après Eric Darnell. En 2017, les Oscars nommaient pour la toute première fois un film en 360 dans la catégorie du "meilleur court métrage d’animation" : "Pearl" du studio Google Spotlight Stories. Et cette année, le Festival de Cannes présente "Carne y Arena" d'Alejandro González Iñárritu en séance spéciale.

"Pour moi, si des films en VR intègrent des compétitions, il faut que ça soit dans une catégorie dédiée à la réalité virtuelle, car ce ne serait pas juste de comparer un film en VR et un film traditionnel. Mais c’est tout à fait normal que ça prenne du temps, ça reste nouveau, il faut s’habituer, se faire une place", conclut Eric Darnell.

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