Après la levée de boucliers des acteurs de l’industrie du cinéma française face à la présence de Netflix en sélection officielle, le Festival de Cannes a prévu d’adapter son règlement, obligeant dès 2018 les films concourant à sortir en salles.

Previously dans "Netflix au festival de Cannes" : Le 13 avril dernier, Thierry Frémaux annonçait la présence deux films Netflix ("Okja" et "The Meyerowitz Stories" ) en sélection officielle – une première pour la plateforme de SVOD de Reed Hastings. Les jours suivants, certains distrubteurs et exploitants parmi lesquels la Fédération nationale des cinémas français s’insurgeaient de voir sélectionnés des films qui ne sortiront jamais dans les salles françaises.

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Depuis quelques jours la rumeur courrait : le Festival de Cannes allait-il finalement retirer les deux films de Netflix de sa sélection à une semaine seulement de l’ouverture de la 70e édition ? Pierre Lescure et Thierry Frémaux n’iront quand même pas jusque-là. "Okja" de Bong Joon-ho et "The Meyerowitz Stories" de Noah Baumbach seront bien présentés en compétition. Mais dans un communiqué publié ce mercredi, l’organisation du Festival annonce une mise à jour de son règlement qui s’appliquera dès 2018 : "Dorénavant, tout film qui souhaitera concourir en compétition à Cannes devra préalablement s’engager à être distribué dans les salles françaises." On ne risque pas de revoir de sitôt Netflix.

L'éternel problème de la chronologie des médias française

Conscient de "l’inquiétude suscitée par l’absence de sortie en France de ces films en salles", le Festival de Cannes a bien tenté de faire changer d’avis Netflix et de prévoir une sortie au cinéma. Mais "en vain", "aucun accord n’a pu être trouvé". Ce qui coince en France, contrairement à d’autres pays, c’est le principe de chronologie des médias. Si Netflix acceptait de diffuser ses productions dans les salles de cinéma françaises, la législation l’obligerait par contre à attendre 36 mois avant de les rendre disponible sur sa plateforme pour les utilisateurs français. Ce qui n’est franchement pas logique lorsque l’essence même de la multinationale est de rendre disponible des contenus simultanément et en illimité à quelque 98 millions d’utilisateurs à travers le monde.

Outre remettre sur le tapis la nécessaire réforme de la chronologie des médias qui laisse pour le moment sur le carreau ces nouveaux acteurs de l’industrie comme Netflix ou Amazon, cette ligne du règlement soulève une remise en question plus profonde du rôle du festival. Comme le souligne Vincent Maraval, producteur et fondateur de Wild Bunch, sur Twitter : "Avant un festival servait à faire découvrir des films aux distributeurs, dorénavant ce sera le contraire. Grand hold up du commerce sur l’art". Plus question pour le Festival de Cannes donc de jouer le rôle de dénicheur et de tremplin, puisque désormais tous les films qui souhaitent concourir en compétition devront potentiellement déjà avoir trouvé un distributeur en France.

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